La coopération décentralisée encouragée

La coopération décentralisée franco-arménienne, malgré son jeune âge, a enregistré des résultats tangibles à son actif, ce que l’on doit en premier lieu au dynamisme de la diaspora arménienne de France, exemple d'intégration parfaite tout en étant soucieux de préserver son identité, qui est très impliquée dans cette coopération. Néanmoins, la coopération entre la France et l'Arménie n’a pas épuisé son potentiel, et la table ronde organisée dans le cadre des Assises de Valence, avait pour but de définir ou de redéfinir ses enjeux actuels et à venir.

Parmi les domaines où la coopération décentralisée aurait un rôle à jouer, Véronique Moreira, vice-présidente du Conseil régional de Rhône-Alpes déléguée à la coopération solidaire, a cité la gouvernance territoriale et l’éducation à la citoyenneté mondiale. Ces deux domaines, constituant des enjeux importants non seulement pour l’Arménie mais à l’échelle internationale, ouvrent des champs d’action fertiles pour la coopération bilatérale pour appuyer la jeune démocratie qu’est l’Arménie dans ses efforts d’avancer et d’améliorer la pratique démocratique, de gagner plus d'autonomie au niveau de l'élaboration de politiques de développement local par les collectivités, de mettre en place une démocratie participative où la voix de la société civile serait de plus en plus entendue et prise en compte. Échanges professionnels entre représentants des collectivités françaises et arméniennes, formations des agents et des techniciens, actions impliquant les autres acteurs locaux du développement, et les citoyens en premier lieu, permettraient de mieux connaître les besoins locaux et d'atteindre les objectifs fixés de manière plus efficace, selon Mme Moreira.

Durant son intervention, le président de l’Union des Communes d’Arménie M. Emin Yeritsian a appelé à considérer le côté arménien comme un vrai partenaire, sur un pied d'égalité, et non pas comme nécessitant de l'assistance, la coopération ayant considérablement évolué au fil des années et les collectivités arméniennes ayant incontestablement acquis plus d'autonomie. La présence de 4 régions arméniennes sur 10 serait selon lui une marque de progrès dans la coopération, étant donné qu'avant, bien que participant à des projets, les régions n'étaient pas représentées de manière autonome. À côté des exemples réussis de la coopération franco-arménienne, notamment celles entre le département des Hauts-de-Seine et la région de Tavouch, le PACA et le Lori, le département de l'Isère et le Gégharkounik, et parallèlement à la mise en place de nouveaux projets de coopération, le développement des coopérations déjà existantes mais passives devrait aussi figurer parmi les enjeux, selon M. Yeritsian.

M. Christian Ter-Stepanian, Représentant de l’Arménie au Conseil Permanent de la Francophonie, a témoigné de l'engagement de l'Arménie en faveur de la langue française et de la francophonie, citant les nombreux acquis dans le domaine durant les dernières années: une plus forte participation des universités arméniennes au sein de l'AUF, mise en place du français comme 3e langue étrangère dans un bon nombre d'écoles arméniennes et notamment dans les villes et régions partenaires, signature du pacte linguistique entre l'Arménie et l'OIF visant à renforcer le rôle du français en Arménie dans les domaines de l'enseignement, du tourisme, de la culture et de la diplomatie, adhésion de plein droit de l'Arménie à l'OIF… La considération de ces acquis du point de vue de leur apport à la coopération décentralisée franco-arménienne est importante car la francophonie est un moyen nécessaire et indispensable au développement des relations bilatérales, moteur pour le développement économique et culturel des collectivités françaises et arméniennes engagées dans des actions de coopération, a noté M. Ter-Stépanian.

Outre l'objectif de renforcer l'Arménie dans ses régions en œuvrant pour la décentralisation du pays et le développement des villes et des régions à l'extérieur de la capitale, la coopération franco-arménienne est un pont qui relie l'Arménie à l'Europe et aux valeurs de l'UE, lui permettant d'avoir sa place au sein de la famille européenne. Ce dernier point aurait acquis une plus grande importance sous la lumière des derniers événements politiques et la déclaration du chef d'État arménien de la décision de l'Arménie de faire partie de l'Union douanière avec la Russie, a-t-on souligné lors des débats.  

 

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