« Arménie, l’âme d’un peuple »

« Si Israël est le peuple élu, l'Arménie est le pays témoin »
Henry Cuny

Dix années après avoir achevé son mandat d’ambassadeur de France en Arménie, Henry Cuny, diplomate et écrivain, ne cesse de revenir dans ce pays qu’il dit avoir « aimé dès le premier jour ». En automne 2016, il a, pour ce faire, un motif particulier : présenter son essai « Arménie, l’âme d’un peuple » paru aux éditions Sigest, en français et en arménien, avec le concours de l’Institut Tchobanian (Paris). Le 10 octobre, une présentation de l’ouvrage par l’auteur était organisée aussi à la médiathèque de l’Alliance française.

Écrit en bonne partie lors de ses années en Arménie, « Arménie, l’âme d’un peuple » est le fruit d’une « interrogation qui taraudait » le diplomate et écrivain – distingué par plusieurs prix littéraires dont, d’ailleurs, le Grand Prix de la Francophonie en 2004 décerné par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre - : « Je me disais qu’il y avait quelque chose de mystérieux, de miraculeux dans ce pays qui n’avait pas existé en tant qu’État pendant un millier d’années… engloutie dans la toute-puissance ou l’anéantissement d’empires qui ne sont aujourd’hui plus que des noms oubliés sur les cartes de nos atlas historiques… et qui, d’un seul coup, ressurgissait... ». 

C’est ce mystère que Henry Cuny a tenté de déchiffrer par son bref « essai en sept regards », donc sept angles d’observations et de réflexions sur l’Arménie et les Arméniens où l’on retrouve à tour de rôle leur mythe fondateur avec le mont Ararat et l’Arche de Noé ; le père de l’historiographie arménienne Moïse de Khorène ; l’alphabet particulier révélé à Machtotz ; Ourartou, le premier royaume ayant existé sur ce territoire ; Grégoire de Narek, « père spirituel saint et hérétique » ; les couleurs tellement arméniennes de Mardiros Sarian ; enfin, la jeunesse actuelle de l’Arménie, à travers notamment l’Université française. Autant de ressorts de cette nation qui a, selon l’auteur, « la mémoire » pour mot clef. Car c’est la mémoire qui fait que les Arméniens, plus nombreux à l’étranger qu’en Arménie, vivant des quotidiens et des réalités si différents, dotés de références différentes, se sentent et se disent encore Arméniens.

« Un voyage initiatique à travers ces hauts plateaux où continue de souffler l’Esprit » : M. Cuny vous y conduit « en quelques regards choisis, loin de toute érudition, à petites touches… avec l’émerveillement du néophyte qu’[il] entend demeurer ». L’ouvrage s’adresse donc d’abord à ceux qui ne connaissent pas l’Arménie. Traduit en arménien et disponible dans les librairies locales, il pourrait être lu également comme le témoignage d’un étranger sur l’Arménie et les Arméniens, un regard de dehors plein de bienveillance, mais aussi d’objectivité et d’humour, envers son « objet d’observation ».
 
 

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