Exposition de Jansem à Erevan

Par Arouce Khatchatrian

« Le monde de Jansem est habité d’une vérité qui s’incarne pleinement à travers son langage plastique, élevé à la hauteur d’un style. Entre l’observation et l’invention, la peinture dicte sa loi, et Jansem en est le plus éloquent magicien ».

Lydia Harambourg, journaliste et critique d’art française

La critique l’aurait appelé « Chantre des déshérités ». Pourtant, l’exposition temporaire inaugurée le 4 juin à la galerie Aramé au cœur d’Erevan, présente un Jansem dont l’œuvre dépasse cette qualification.
Dessins, huiles et lithographies : au total, 45 œuvres du peintre français d’origine arménienne décoreront les cimaises de la Galerie jusqu’au 25 juin. Constituée en grande partie de pièces acquises par la Galerie à différentes époques de la famille Jansem ou à des enchères européennes et japonaises, « cette exposition est le résultat de longs préparatifs », informe un communiqué de presse. Quelques unes des œuvres sont issues de collections privées, et n’ont fait escale à Aramé que pour cette exposition.

En plus des tableaux mettant en avant les personnages « préférés » de l’artiste - jeunes danseuses ou vieilles femmes souvent dans un état d’extrême désespoir, ou encore des scènes de marché - qui lui ont valu le qualificatif « Chantre de déshérités », portraits et natures mortes « dotés d’une profondeur indescriptible et d’un esprit poétique » tendent à communiquer une image plus complète de la richesse, de la variété et de la particularité de l’œuvre de Jansem dominée par la ligne, « l’élément signifiant et le médium sensible, par lesquels sa peinture atteint à la vérité » d’après la définition de Lydia Harambourg.
Jean Jansem (né Ohannes Semerdjian) est né en 1920, à Seuleuze, en Arménie occidentale (actuelle Turquie). Fuyant les persécutions des Arméniens, sa famille s’est réfugiée d’abord à Salonique (Grèce) pour s’installer ensuite à Paris lorsque Ovannes avait 10 ans. C’est là qu’il commencera à peindre et suivra des cours du soir à Montparnasse, avant d’intégrer l’École Nationale des Arts Décoratifs qu’il terminera en 1938.

En 1957, la carrière de Jansem acquiert une dimension internationale à travers des expositions en Italie, en Suisse, en Angleterre et aux États-Unis. Encore de son vivant (Jansem est décédé en 2013), deux musées lui seront consacrés au Japon, l’un à Tokyo, l’autre à Azumino. En 2002, Jansem reçoit la distinction « Mesrop Machtots » du président de la république d’Arménie, avant de se voir élevé en 2003 au grade de « Chevalier de la Légion d’honneur »

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