Horomos monastery : Art and History

« Aux visiteurs d’Ani, je conseillerais de commencer par Horomos : c’est là que commence la ville ».
Léo (1860-1932)

Pour une ville appelée « la ville aux mille et une églises », la phrase de l’historien arménien en dit long sur l’importance du monastère de Horomos (Xe siècle), « porte d’entrée » à Ani, la capitale des rois arméniens Bagratides. Importance, qu’il conservera même après le déclin du royaume et l’abandon d’Ani, restant actif jusqu’au début du XXe siècle. C’est sur ce complexe monastique classé, selon un monitorage international récent, parmi les trois monuments les plus menacés situés au bord d’Akhourian (frontière arméno-turque) que porte l’ouvrage « Horomos monastery : Art and History » (Paris, 2016), présenté au Musée-institut d’Architecture à Erevan, le 8 avril 2016.

« Horomos monastery : Art and History » est le fruit d’une collaboration internationale associant plusieurs chercheurs : Karen Matevosyan, Armen Ghazaryan, Edda Vardanyan, Sona Baloyan, Samvel Karapetyan et Jean-Pierre Mahé, réunis sous la houlette d’Edda Vardanyan, docteur en histoire de l’art et rédactrice de l’ouvrage. 50e de la série Monographies du Centre de recherche d’histoire et civilisation de Byzance (Collège de France), cette étude en anglais se veut un regard frais, plus complet et à jour sur l’histoire, l’état présent, ainsi que l’apport de ce monastère en matière d’innovations architecturales, religieuses et culturelles élaborées à Horomos et reprises ensuite à travers l’Arménie.

Il s’agit notamment du « jamatoun » (appelé également « gavit » : narthex) de l’église Sourp Hovhannes (Saint-Jean), le premier exemple de ce genre de bâtiment arménien, selon Edda Vardanyan, de la représentation iconographique des apôtres Thadée et Barthélemy où l’on voit pour la première fois leurs attributs devenus par la suite traditionnels (le poignard et la Sainte Lance pour Thadée, le poignard et l’image de la Mère de Dieu pour Barthélemy), etc. C’est de Horomos que proviennent également le plus grand nombre de manuscrits de l’école d’Ani, parvenus jusqu’à nos jours.

De l’imposant ensemble monastique, il ne reste aujourd’hui que des ruines. Ironiquement, bien que visible depuis l’Arménie de trois côtés, on ne peut y accéder que par la quatrième voie, du côté turc. Ce qui, pendant de longues années, rendait les visites et les travaux de terrain difficiles à obtenir. La situation n’a changé qu’en 2008, permettant aux coauteurs du présent ouvrage de participer à quelques expéditions et ouvrant devant eux de nouvelles perspectives d’études. Cela dit, n’empêhe que la simple prise de photos sur place par Samvel Karapetyan et son groupe ait coûté 24 heures de garde à vue à la gendarmerie de Kars.

*Avis aux personnes en Arménie intéressées à acquérir l’ouvrage : le Centre de recherche d’histoire et civilisation de Byzance s’est engagé à le livrer par poste à un prix privilégié pour toute commande en provenance d’Arménie, en prenant aussi en charge les frais de l’envoi postal. Pour les détails, s’adresser à Edda Vardanyan. 

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