Le compositeur arménien écrit un oratorio d’après un poème de Victor Hugo

Le soliste lyrique, chef d’orchestre et compositeur arménien Souren Shahidjanyan vit et crée en France. Le 24 décembre dernier, il a participé, aux côtés d’Édouard Toptchian, directeur artistique et chef d’orchestre principal de l’Orchestre philharmonique national d’Arménie, au concert de Noël et du Nouvel An de l’Orchestre et du chœur Hover, dans la salle Aram Khatchatrian d’Erevan.

« La participation au concert était une surprise pour moi. Maestro Toptchain m’a fait la proposition et donné les notes. J’ai accepté : j’aime beaucoup l’orchestre, les musiciens ; la plupart en sont mes amis. Le philharmonique est un orchestre d’un très haut niveau sur le plan international », a noté l’artiste lors de son interview à l’agence Armenpress.

Le séjour de Souren Shahidjanyan a été également l’occasion d’animer un master-class au musée-institut Komitas. « J’ai été très heureux de la proposition du directeur du Musée-institut Nikolaï Kostandian et de Mher Navoïan de donner un master class. Ce musée est une merveille. Le niveau général des participants du master class était au-dessus de la moyenne. Il n’y avait personne dont la voix ne soit belle. C’est peut-être le talent de notre peuple. Il y a des choses à corriger ; on pourrait y arriver en travaillant. Par exemple, bien parler en français ou en italien ne signifie pas que l’on peut également bien chanter dans ces langues : il y a des choses qui sont différentes dans le chant », a-t-il remarqué.

Cette année, Souren Shahidjanyan a présenté à Paris son nouvel opéra intitulé « Le maître du Jardin ». « Le livret en a été écrit en français par Danielle Daloz. Son sens est très symbolique et profond. Il s’agit d’un conte arménien ancien. Le jardin, c’est l’Homme, et la question qui surgit est « Qui est le maître du jardin ? ». Je ne serais pas contre que l’œuvre soit présentée en Arménie. Les retours en étaient très positifs. Si on est déjà arrivés à la première, donc c’est très bien », a-t-il souligné. 

On ne voit pas souvent le chanteur en Arménie. À cette dernière observation, Souren Shahidjanyan a répondu : « Les meilleurs musiciens en Arménie sont mes amis, je n’ai aucun problème pour venir ici, ni besoin d’invitation pour le faire. J’avais l’habitude de me rendre très souvent en Arménie mais ces dernières années, j’étais occupé à l’écriture d’opéras, j’enseigne au Conservatoire, et je n’arrive plus à venir beaucoup. Mais plus je viens en Arménie, tant mieux pour moi. Je ne me considère pas comme quelqu’un qui est coupé de l’Arménie, c’est impossible de cette manière-là ». Le chanteur préfère se produire en récital : « Je donne des récitals très souvent. On a  21 projets de récitals. Je chante aussi en Allemagne, en Finlande et dans d’autres pays. En même temps, j’ai un orchestre ».

En France, il y a beaucoup de musiciens de talent : pour Souren Shahidjanyan, c’est un fait. « Ces dernières années, la culture y est un peu négligée, ce qui est lié à la conjoncture politique, mais la France est un pays avec une grande culture ; elle ne va pas s’écrouler. Nous avons beaucoup d’artistes célèbres en France. Si on parle du chant, il y a Juliette Galstian, Liana Haroutunian. Sans noter les musiciens », a-t-il souligné.

Pour le moment, le compositeur travaille sur l’écriture d’un grand oratorio d’après « La fin de Satan » de Victor Hugo. « Je vais le donner à Édouard Toptchian pour qu’on le joue ici. La première de l’œuvre sera l’année prochaine, si j’y arrive. À mon prochain séjour à Erevan, je vais donner un récital dans cette salle-même du musée-institut Komitas », a conclu Souren Shahidjanyan
 
Source : www.armenpress.am

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