Le roman de l`artiste

Comme d’habitude, la Saison de la Francophonie a commencé en Arménie bien avant le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, et les établissements et organisations francophones mettent déjà en oeuvre leurs programmes de l’édition 2016. L’un des premiers événements conçus dans le cadre de la Saison de la Francophonie sous forme de conférence titrée « Le roman de l’artiste : un discours sur l’art » s’est tenu le 10 mars, à la médiathèque de l’Alliance française, en partenariat avec la Fondation humanitaire suisse KASA et l’Université des Langues et des Sciences sociales Brusov d’Erevan.

Le roman de l’artiste est un genre littéraire né dans l’Allemagne du 18e siècle avec des auteurs comme Novalis, à titre d’exemple. Il ne s’introduira chez les écrivains de ce côté du Rhin qu’ au siècle suivant. « Une oeuvre inconnue » de Balzac, « Manette Salomon » des frères Goncourt, « L’oeuvre » de Zola, « Fort comme la mort » de Maupassant et d’autres romans s’inscivant dans la lignée permettront à leurs auteurs de développer, à travers l’écriture, une réflexion et un discours particuliers sur l’art en général et les différents modes d’expression artistique : peinture, sculpture, danse, musique, etc.

À la conférence du 10 mars, les relations entre l’artiste et son oeuvre, l’écrivain et son héros ou encore l’écriture et la peinture ont été abordées à travers trois interventions, chacune d’entre elles proposant un angle d’étude différent, en fonction du parcours professionnel des intervenants. Ainsi, Ani Djanikian, professeur de littérature française à l’Université Brussov a parlé du paradigme du modèle dans « Manette Salomon » des Goncourt et L’œuvre » de Zola. Lusiné Abgarian, doctorante en littérature et responsable du centre de ressources et de documentation à l’Alliance française a abordé la vie et l’œuvre de Paul Gauguin à travers « La lune et soixante-quinze centimes » de Somerset Maugham, tandis que Maxence Smaniotto, psychologue et responsable de la Francophonie auprès de KASA, avait placé son exposé intitulé « L’artiste déchiré. Tableaux entre beauté et laideur : Mémoires de Dirk Raspe » de Drieu La Rochelle entre littérature et psychologie.

Le genre, comme certains des auteurs abordés – notamment Pierre Drieu La Rochelle, cet écrivain controversé du fait de ses engagements politiques mais dont la réputation de fasciste n’a pas empêché d’éditer ses oeuvres dans la bibliothèque de la Pléiade -, étaient une vraie découverte pour une partie du public arménien, selon les organisateurs. Pourtant, ils ont informé aussi que le roman de l’artiste est désormais étudié à Brusov en tant que discipline à part, et cela, notamment après le cycle de conférences de Bernard Franco, professeur à la Sorbonne, tenu autour de ce sujet pour la première fois à Brusov au printemps 2014.

 

 

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