Musique, voyage et expérimentation

Musique, voyage et expérimentation collaborative : mots qui définissent le projet actuel d’Alexis Paul, jeune musicien français parcourant depuis janvier 2015 les quatre coins de la planète « à la recherche du mystère musical mécanique », accompagné de son instrument de prédilection, l’orgue de Barbarie. Son périple passant par l’Arménie aussi, Alexis était l’invité de l’Alliance française à Erevan, le 28 octobre, pour parler de son projet et de son orgue automatique à cartons perforés très particulière !

« L’art pour rendre la vie plus intéressante que l’art »
Instrument de musique mécanique à vent apparu au XVIe siècle, l’orgue de Barbarie était joué généralement par des voyageurs mendiants non-musiciens. C’est elle qui permettra notamment de populariser la musique de la Cour. Cherchant à restituer « la connexion de l’art à la vie de tous les jours, à l’amour, à la sensualité, à tout ce qu’elle représente », Alexis a vu en elle la matérialisation de sa vision de la musique « au service de la vie ». Approche que le jeune artiste résume en citant la phrase: « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » du français Robert Filiou, un de ses inspirateurs à côté de Jacques Prévert, César Manriqué, Edward Saïd.

Seulement, il ne reprendra l’instrument qu’en lui « donnant un nouveau souffle » et lui rendant sa dimension initiale liée au voyage et à la rue, aux thématiques sociales : l’orgue automatique d’Alexis associe jeu traditionnel et informatique (grâce à l’intégration d’un système électronique d’exploitation, elle produit de la musique assistée par ordinateur dont ce type d’orgue est d’ailleurs l’ancêtre) ; elle explore les différentes connexions possibles entre un instrument de musique européen à la base et les musiques locales ; l’emploi comme orchestre portatif en est dépassé à travers l’exploitation de ses possibilités au niveau de la texture du son.
 
« Street Organ Ritornellos » par Saudaá Group
Cette modernisation du rapport à l’orgue automatique donnera naissance à « Street Organ Ritornellos », le projet actuel d’Alexis Paul (se présentant en l’occurrence sous le nom Saudaá Group). Initiative personnelle qu’il va préparer pendant deux ans, avant d’entreprendre un long périple d’une année marqué par des résidences artistiques d’un mois dans chacun des pays visités : Maroc, Argentine, Japon, Mongolie, Portugal, Géorgie, Arménie, Liban, etc. La collaboration avec des artistes locaux permettra de vivre une expérience musicale à chaque fois diverse, teintée de sons de musique traditionnelle, de la nature, avec l’orgue de Barbarie comme « tapis de fond » à toutes ces expérimentations musicales. Le travail sera à chaque fois documenté par des vidéastes locaux.

Le mois passé à Erevan entre deux résidences artistiques touche à sa fin. S’étant rendu en Arménie initialement «à cause du doudouk » - instrument qui l’avait incité à vouloir découvrir le pays de son origine -, Alexis a lancé sur place des collaborations notamment avec Mikayel Voskanyan (tar) et Vardan Harutyunyan (art sonore). La dernière performance d’Alexis en Arménie, fruit d’une interrogation collaborative « de la dimension poétique de la musique », aura lieu aujourd’hui, le lundi 7 novembre, à la galerie Karoyan.

Pour plus de détails sur l’événement : 
https://www.facebook.com/events/337059089988520/ 
Pour des informations sur le projet : 
http://www.streetorganritornellos.com/ 

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