Discussion au sein de l`ONU

À l’occasion du lancement des activités du Centre de formation des Nations unies pour le multilinguisme et le perfectionnement professionnel, la Représentation permanente de l’OIF auprès des Nations unies, en liaison avec le Groupe des Ambassadeurs francophones, et le Groupe des Amis de l’Espagnol, ont organisé conjointement une discussion sur le thème « Langue(s) et diplomatie ».

Le respect de la diversité et des droits linguistiques et culturels est une condition du bon fonctionnement des organisations multilatérales. Pourtant, la mise en œuvre effective du multilinguisme rencontre un grand nombre de défis : politiques, culturels et techniques. Cette discussion visait à souligner l’engagement commun, les convergences des questionnements liés à l’utilisation de la langue dans le système des Nations unies.

Le Représentant permanent de l’OIF auprès des Nations unies, Paul Robert Tiendrébéogo, a ouvert cet échange en rendant hommage à l’héritage laissé par Boutros Boutros Ghali, ancien Secrétaire général des Nations unies, puis de la Francophonie : « Boutros Boutros Ghali avait, aussi bien pour l’OIF que pour l’ensemble de la communauté internationale, une vision exigeante du rôle de la langue dans la réalisation d’un multilatéralisme effectif, ainsi que d’une diversité véritablement vécues dans les organisations internationales ». L’Ambassadeur a également tenu à remercier les acteurs de l’ombre qui, dans les instances internationales, permettent à chacun d’utiliser sa propre langue, les interprètes et traducteurs.

Correspondante aux Nations unies, Margaret Besheer, Journaliste à La Voix de l’Amérique (le service de diffusion internationale multilingue par radio et télévision du gouvernement américain), a animé le débat. Sous la forme d’une discussion interactive, les orateurs ont été interpellés sur la capacité d’une organisation internationale à être efficace dans une seule langue*. Ils ont pu partager leur vision de l’activité diplomatique et souligner le rôle de la langue dans toute activité de dialogue et de coopération.

Stephan Tafrov, Représentant permanent de la Bulgarie et Président du Groupe des Ambassadeurs francophones aux Nations unies, a rappelé que l’activité diplomatique est avant tout « une activité linguistique » qui doit permettre d’appréhender le monde et les aspirations profondes des sociétés.
 

Les francophones, comme les hispanophones, ont souligné le poids démographique de leur langue respective (ces deux groupes linguistiques réunissent près de 100 Etats membres des Nations unies). Ils ont posé la question essentielle de l’efficacité de l’action diplomatique et de l’importance du multilinguisme, en particulier dans les opérations de maintien de la paix et dans la mise en œuvre du nouveau programme de développement durable à l’horizon 2030. Juan José Gomez Camacho, Représentant permanent du Mexique et Président du Groupe des Amis de l’Espagnol a, en outre, rappelé le défi d’une « communication profonde avec toutes les sociétés du monde » ; le multilinguisme devant refléter « l’énergie de la diversité ».

Dans le même sens, Cristina Gallach, Secrétaire générale adjointe à l’information et à la communication des Nations unies, a réaffirmé que le multilinguisme doit être à la base de l’action de communication et d’information des Nations unies. Le débat, avec la participation de Lea Lonsted, Responsable de la Section de la formation, du perfectionnement des cadres et de la valorisation des ressources humaines, au sein du Bureau de la gestion des ressources humaine des Nations unies a, de ce fait, introduit la question de la formation linguistique du personnel et la nécessité d’améliorer l’évaluation des compétences linguistiques lors du processus de recrutement.

Enfin, cette discussion a reflété les grandes questions inscrites à l’agenda, notamment la nomination du prochain Secrétaire général des Nations unies et l’importance du multilinguisme dans ce cadre.

Source: OIF

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