Mme Annick Girardin rencontre les journalistes arméniens

Au cours de sa visite en Arménie qui a eu lieu du 22 au 24 janvier, Mme Annick Girardin, secrétaire d'État au Développement et à la Francophonie, a tenu un point de presse. Interrogée à la sortie du Mémorial du Génocide des Arméniens, elle a répondu à plusieurs questions de journalistes arméniens.

« Quand on sort d’une visite comme celle-ci, on est obligatoirement presqu’abattus. Je suis très touchée par l’ensemble des images que j’ai vues ici », a déclaré la secrétaire d'État. « Nous voyons malheureusement dans notre société d’aujourd’hui un certain nombre de massacres qui existent encore », a-t-elle ajouté, en rappelant la responsabilité de chacun dans la prévention des crimes contre l’humanité, l’établissement de la paix sur la planète et le soutien aux victimes de nos jours.

Questionnée sur la nouvelle proposition de loi visant la pénalisation de la négation des génocides récemment présentée à l’Assemblée nationale française par la députée Mme Valérie Boyer, la secrétaire d’État a remarqué : « Il y a des initiatives parlementaires qui sont débattues à l’Assemblée nationale et au Sénat, mais aujourd’hui, la France reste sur la reconnaissance du Génocide ». En même temps, elle a souligné l’importance de continuer d’en parler à l’international : « Nous en parlons aussi au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La Secrétaire générale (Mme Michaëlle Jean, en visite en Arménie dans le cadre de la 31e Conférence ministérielle de la Francophonie accueillie par Erevan en octobre 2015, NDLR) a dit également combien elle condamnait ce génocide », mais d’en parler aussi pour pouvoir « tourner des pages » et « avancer ».

« Je crois véritablement aujourd’hui que l’Arménie doit pouvoir avancer, et la France est aussi là pour l’aider  dans son développement, sa volonté d’être un pays francophone, de développer ses activités touristiques et, plus largement, économiques ». Sur le volet francophonie, la secrétaire d’État a pu constater « un nombre d’efforts déjà faits », en évoquant le pacte linguistique signé en 2012 entre le gouvernement arménien et l’OIF « pour faire en sorte que ce pays qui se veut être francophone ait un nombre de locuteurs plus important », la réussite de l’Université française en Arménie (UFAR) qu’« il faut soutenir d’avantage », le lycée français. Cela dit, reste-t-elle convaincue qu’« il faut renforcer encore nos actions ».

Quant au volet développement, en plus des entreprises françaises installées en Arménie, Mme Girardin a rappelé la présence de la France aux côtés de l’Arménie « à travers des prêts accordés pour un certain nombre d’investissements, notamment des barrages avec l’Agence Française de Développement (AFD) ». Suite à la COP21 qui s’était tenue récemment à Paris, le secteur des énergies renouvelables vient s’ajouter aux domaines de partenariat entre les deux pays, avec des projets concrets sur l’urbanisme déjà démarrés, a informé la secrétaire d’État. 

Revenant à la politique internationale à l’approche du 26 janvier où deux rapports anti-arméniens sur le conflit du Haut-Karabagh seront présentés à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et à la lumière de la dernière déclaration faite par les co-présidents du Groupe de Minsk de l’OSCE à ce sujet, Mme Girardin a remarqué qu’effectivement, « nous jugeons ces résolutions incorrectes pour l’Arménie, pays ami, et cela ne va pas dans le sens des choix de la France », représentée au sein du Conseil à travers des députés et des sénateurs français. Toutefois, « le Conseil de l’Europe est un rassemblement d’un certain nombre de pays, et la France n’a pas à interférer dans ses décisions », a-t-elle rappelé.

N.B. Une interview exclusive de Mme Annick Girardin au Courrier d’Erevan sera publiée prochainement.
 

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