"L'Arménie a un gros potentiel qui n’attend qu’à être développé"

Cinq questions à M. Christophe Guilhou, Directeur de la Paix, de la Démocratie et des Droits de l'Homme de l'Organisation internationale de la Francophonie. Il conduisait la délégation de la 26ème Commission du Fonds d’appui à la presse francophone qui s’est tenue en Arménie les 21 et 22 juillet.

 

- Cette année, l’Arménie a été choisie comme lieu de rencontre de la 26ème Commission du Fonds d’appui à la presse francophone du Sud. Pourquoi le choix d'Arménie pour l'organisation de cette réunion? 

- Parce que cette région est très importante pour l’Organisation internationale de la Francophonie. A la mi-avril 2014, il y a à peine quelques mois, l’OIF a organisé en Moldavie, à Chisinau, le quatrième séminaire sur l’Examen Périodique Universel, une des plus importantes rencontres dans le domaine des droits de l’Homme. Nous voilà aujourd’hui en Arménie pour les besoins du Fonds d’appui à la presse et pour parler en général des médias. Il était important qu’on vienne en Arménie. L'Arménie a rejoint l'OIF il y a deux ans. Nous sommes ici pour témoigner de l'importance que nous attachons au renforcement et au développement de la presse francophone en Arménie, pour témoigner de l'importance que nous attachons aux médias de ce pays, pour renforcer l'ancrage de l'Arménie au sein de l'Organisation, mais aussi pour entretenir et enrichir les relations entre l'OIF et les autorités arméniennes. Nous constatons qu’il existe, en Arménie, un fort potentiel de développement de la langue française et de la Francophonie en général.

 

- Vous avez eu de nombreuses rencontres avec aussi bien les acteurs de la Francophonie que les représentants du gouvernement arménien et du corps diplomatique en Arménie. Que retenez-vous de ces rencontres?

- Toutes ces rencontres m'ont permis tout d'abord de me faire une idée plus juste de la demande de coopération de l'Arménie vis-à-vis de l'OIF. J'ai rencontré effectivement des officiels au Ministère des Affaires étrangères, les Vice-Ministres de la Justice et l’Ombusman. J'ai pu constater à quel point tous étaient désireux de renforcer davantage les relations de coopération avec l'OIF. J’ai expliqué à chacun de mes interlocuteurs quels étaient les domaines dans lesquels nous pourrions renforcer nos relations. Par exemple, dans le domaine de la défense des droits de l’Homme, il existe tout un réseau institutionnel auquel il est possible d’adhérer notamment à l' Association des Médiateurs et  Ombusdmans Francophones, l’AOMF. Au ministère des Affaires étrangères, j’ai parlé d’un certain nombre d'initiatives que nous pourrions prendre ensemble dans le sens de l’augmentation de la présence des Arméniens dans les opérations de paix dans les États francophones. Le Secrétaire général de l’OIF a d'ailleurs encouragé les autorités arméniennes dans ce sens. Il est important que dans des pays francophones, les États membres de l'Organisation témoignent  de leur solidarité et contribuent à accroître les contingents dans leurs dimensions civile et militaire. Enfin, lors de mon rendez-vous au ministère de la Justice, j'ai expliqué à mes interlocuteurs à quel point il était important que les institutions de ce pays puissent collaborer davantage, notamment dans le domaine des droits de l'Homme. L’OIF est disposée à accompagner l’Arménie, si tel est le souhait des autorités du pays, dans les importantes réformes qu’elle entreprendra dans les prochains mois, notamment dans sa réforme constitutionnelle ou la réforme des codes civil et pénal.

 

- Les rencontres que vous venez d’avoir vous ont permis de voir les différents perspectives de coopération avec l’Arménie. Y a-t-il toutefois des efforts à faire dans d'autres domaines qui restent en dehors du champ potentiel de la coopération? 

- Je pense tout d'abord qu'il y a un gros potentiel qui n’attend qu’à être développé. Les  autorités, les administrations, les institutions arméniennes peuvent coopérer avec les différents réseaux institutionnels de la Francophonie: réseau des cours constitutionnelles, des compétences électorales, des conseils économiques et sociaux, des procureurs et poursuivants… Nous avons une quinzaine de réseaux actifs dont l’Arménie devrait se rapprocher. Je n’ai aucun doute que, très vite, les autorités arméniennes verront à quel point le fait d’adhérer à ces réseaux et d’y nouer des relations leur permettra d'échanger des expériences et des bonnes pratiques.

 

- Finalement, ce n'est pas seulement un appui  qui est proposé mais aussi un échange dans lequel l'Arménie pourrait avoir des choses à offrir à donner et à recevoir des pays de la Francophonie?

- Tout à fait. Ces réseaux constituent un inépuisable réservoir d'expertises pour la Francophonie. Lorsque nous sommes sollicités dans un pays, une région ou sur une thématique nous y puisons notre expertise.  L'Arménie y a toute sa place. L'expertise arménienne peut et doit être mise à la disposition de l'OIF. Si dans l’avenir, un pays sollicite une expertise dans un domaine où l'Arménie dispose d’experts, il est évident qu'on se tournera vers vous. L'OIF a l’avantage d’être une des rares organisations internationales à pouvoir mobiliser en un temps record une expertise de qualité pour répondre à la demande d’un Etat membre.

 

Pensez-vous que votre message a été entendu ?

- Oui. Je l'espère en tout cas. Mais tout ne se fera pas en une mission de deux jours !  Il faudra revenir plusieurs fois. Ma mission  était une mission de prise de contacts. Il est important de nourrir ces contacts.

 

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