L'école maternelle française d'Erevan pend la crémaillère

Le Courrier d'Erevan avait déjà parlé (http://cde.am/La_maternelle) de l'école maternelle française en Arménie ayant presque 15 ans d’histoire. Aujourd’hui, nous y retournons à l'occasion d'une bonne nouvelle : de problème de l’exiguïté des locaux de la maternelle entravant son potentiel d'activité est désormais réglé.

2, rue Nar Dos – c’est la nouvelle adresse de l’école maternelle à Erevan. Le projet de déménagement, soutenu par l’Ambassade de France en Arménie, est le résultat des rapports annuels des inspecteurs de l'AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) suivant de près le fonctionnement de la maternelle homologuée par le Ministère de l’éducation nationale français en 2002.

Ainsi, le début du mois de mai a vu la maternelle déménager dans un bâtiment plus vaste et mieux équipé qui est, de surcroit, à proximité immédiate de l’Ecole française internationale en Arménie. Le nouvel emplacement est tout particulièrement du goût des parents dont les enfants fréquentent les deux établissements – plus besoin de faire la navette à travers la ville. De plus, ce voisinage permettra de renforcer les liens de coopération entre les équipes pédagogiques, celles de la maternelle et de l'école élémentaire. L'élaboration de projets communs ne tardera pas non plus, l'école élémentaire faisant directement suite au programme de la maternelle, étape importante en matière d'éducation préscolaire.

Dans les nouveaux locaux, plus vastes et plus adaptés aux besoins de l’école, pratiquement rien n'a changé dans les activités habituelles de l’établissement: l’équipe pédagogique, stable depuis presque 13 ans et régulièrement formée par l'AEFE à travers des formations organisées pour la ZECO (Zone Europe centrale et orientale), continue de s'investir pour l’épanouissement intellectuel et physique des enfants à travers les 5 modules enseignés de manière interactive, non traditionnelle, le plus souvent ludique : les langages écrit et oral, l'apprentissage du « vivre ensemble », le « devenir élève », la découverte du monde et ce qu’on appelle « la psychomotricité» (qui combine l’éducation intellectuelle et physique de l’enfant), le tout par l'intermédiaire du français comme première langue de communication. Dans ses sept sections (une toute petite, deux petites, deux moyennes et deux grandes, formées chacune d’une douzaine d’enfants), l’apprentissage du français va de pair avec celui de deux autres langues dont l'arménien (en tant que langue locale), spécificité des écoles maternelles françaises à l'étranger. Mme Arminé Sarkissian, directrice de l’école maternelle depuis son ouverture, apprécie particulièrement le fait que ses élèves apprennent la langue du pays car, selon elle, cela contribue beaucoup à un meilleur apprentissage du français. La maternelle déploie aussi des coopérations avec d’autres structures d’enseignement. Ainsi, elle accueille depuis trois ans déjà des stagiaires de l'Université de Lorraine pour un stage de deux semaines dans le cadre d'une convention signée entre les deux établissements.  

Pourtant et bien naturellement, tout n’est pas rose depuis l'emménagement: augmentation des dépenses liées au maintien d'une plus grande surface et entraînant inévitablement la hausse des frais de scolarité - déjà assez élevés par rapport au niveau de vie moyen en Arménie, nécessité de créer plus d'espaces verts pour les enfants (à cette fin, 12 arbres ont déjà été plantés dans la cour), questions de sécurité, etc. – les problèmes qui se posent devant l’équipe sont nombreux. En même temps, Mme Sarkissian expose très sincèrement ses préoccupations par rapport à la baisse d'intérêt observée parmi les parents arméniens à l'égard de la maternelle française, et ceci malgré le maintien constant du pourcentage d'élèves arméniens qui forment depuis des années 55% des effectifs. Cette baisse est conditionnée notamment par l'existence dans la capitale arménienne de nombreux établissements préscolaires privés offrant de plus larges horaires d'ouverture et moins de vacances – donc, plus commodes pour les parents surchargés…

Cela étant dit, la qualité de l'encadrement due aux efforts constants des enseignantes qui ont fait preuve d'une formidable capacité d'adaptation dans les nouveaux locaux demeure le principal atout de l’école maternelle française d’Erevan. Sa directrice qui a reçu, en 2009, l'ordre des Palmes académiques de la part du Ministère de l'éducation nationale français en l'honneur de son implication dévouée dans le domaine de l'éducation, continue de manager son équipe avec fierté et attention, car, selon sa conviction profonde, ce sont ces enseignants qui, sur place, continue d’œuvrer  pour le rayonnement de la francophonie.

 

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