L’économie sociale et solidaire: une réalité?

Vous ne voulez plus des excès de la collectivisation? Vous mesurez les inégalités que provoque le système néo-libéral ? Entre ces deux extrêmes, existe une troisième voie : l’économie sociale et solidaire, et c’est autour de cette philosophie que Monique Bondolfi-Masraff, présidente de la Fondation humanitaire suisse KASA, avait conçu ses conférences organisées à Gumri (le 12 avril) et à Erevan (le 15 avril), dans le cadre de la Saison de la Francophonie 2016 en Arménie.

Le choix du sujet n’était évidemment pas anodin : les systèmes économiques et les réalités qu’ils créent ne contournant personne, petits ou grands, l’importance de l’approche adoptée dans ce domaine n’est pas à sous-estimer. Les termes d’économie sociale et solidaire, d’économie du partage ou encore du lien en disent long sur les dimensions que la notion prétend embrasser. En effet, alliant économie et éthique, elle invite à « humaniser l’économie plutôt qu’à plier l’humain aux diktats financiers »,  misant ainsi sur « les liens humains autant que sur les biens ». Et c’est exactement la philosophie à l’origine de l’activité de KASA depuis ses tout débuts.

Plus qu’une conférence scientifique, c’étaient de vraies leçons de vie que Mme Bondolfi a transmises aux présents. Des leçons qui n’imposent rien, comme elles ne prétendent non plus d`apporter « la lumière de la sagesse ». « Très sensible aux valeurs des Arméniens » qu’elle trouve dotés d’un sens de solidarité « plus grand qu’en Europe », la présidente de KASA propose de s’avancer en les renforçant, en prônant un modèle économique où chacun participe d’après ses capacités, qui permet d’intégrer les minorités, où le mot « sacrifice » n’évoque pas la privation, où recevoir est aussi honorable que donner.

Créativité, participation, transformation, avec, au cœur de toute action, l’être et les liens humains : le choix est à chacun d’intégrer/renforcer ces notions dans sa vie d’individu, de citoyen, dans sa propre petite économie (le mot grec « économie » ne se traduit-il pas littéralement « la gestion de ma maison de vie », comme la présidente de KASA l’a rappelé ?!). Et l’on risquerait de se réveiller un jour dans un monde socialement meilleur et plus solidaire... 

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