Quelques faits surprenants sur l`architecture

En 1928, Le Corbusier, architecte suisse de renommée internationale, établit avec une poignée d’autres confrères éminents de l’époque les Congrès internationaux d’architecture moderne ou CIAM. Depuis la première rencontre tenue dans ce cadre au château de la Sarraz (Suisse), les CIAM serviront pendant trois décennies au but de promouvoir, à travers l’Europe, les principes du Modernisme. Or, parmi les membres fondateurs de ces Congrès, on tombe sur le nom de Gabriel Guévrékian, qui, s’avère-t-il, n’était pas le seul Arménien à faire partie des milieux architecturaux internationaux de l’époque…

C’est sur l’apport de ces architectes francophones d’origine arménienne dans l’architecture moderne que portait la conférence du professeur Armen Minassian, tenue le 22 avril, à l’Université nationale d’Architecture et de Construction d’Arménie (UNACA), dans le cadre du programme suisse de la Saison de la Francophonie en Arménie 2016.

 « Ce n’est qu’un échantillon, un bref résumé de l’étude que nous avons menée en la matière », a souligné le professeur Minassian, en introduisant les architectes au cœur de sa recherche : Gabriel Guévrékian, Chris Tadévossian, Vartan Hovanéssian, Paul Apcar. Architectes arméniens, d’Iran et francophones tous les quatre - comme d’ailleurs Armen Minassian lui-même -, ils ont travaillé entre Téhéran et Europe (et notamment beaucoup en Suisse), en contribuant ainsi à la modernisation de l’Iran des Pahlavi (années 1920-1970).

Palais des Pahlavi (Hovanéssian), Kakh Dadgostari/le Palais de Justice (Guévrékian), l’actuel bâtiment de l’Ambassade arménienne en Iran (Apcar) : le Téhéran moderne porte encore leur empreinte, et même au XXIe siècle, ces réalisations continuent à garder leur modernité. On découvre avec curiosité que le « Haussmann arménien » Alexandre Tamanian aussi est passé par Téhéran (1921-1923), avant de s’atteler à la modernisation d’Erevan ! La photo de son projet du bâtiment de l’Opéra de Téhéran n’est d’ailleurs pas sans rappeler les formes de l’Opéra d’Erevan – carte de visite de la capitale arménienne - qu’il allait réaliser par la suite.

Les œuvres de ces architectes en Iran avaient la particularité de marier principes de l’architecture moderne et traditions locales (matériaux, motifs iraniens). Si jusqu’aux années 1920, on y parlait d’« architecture carte postale », les réalisations architecturales de style européen n’ayant valeur que de simples copies, ces architectes formés et ayant travaillé à l’étranger ont pu assurer un vrai développement de l’architecture iranienne, parallèlement à l’Europe mais suivant sa propre voie.

*La photo ayant servi d’affiche à la conférence du professeur Minassian date de la première rencontre dans le cadre des CIAM à la Sarraz. On y retrouve, parmi les architectes éminents de l’époque dont Le Corbusier, Gabriel Guévrékian et Chris Tadévossian. 

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