Rencontres de la Rotonde: discussion sur le climat

Du 30 novembre au 11 décembre, la capitale française va accueillir et présider l’événement numéro 1 de l’année en matière d’environnement qui est la Conférence mondiale des parties à la Convention-cadre de l’ONU portant sur les changements climatiques, appelée communément « Paris climat 2015 » ou encore « COP21 ». L’occasion pour l’Ambassade de France en Arménie de traiter le sujet du climat en associant la préparation du sommet de Paris aux Rencontres de la Rotonde, ce qui a été fait le 8 octobre 2015.

« Paysages et climats du passé... un regard vers l'avenir » était le titre de la rencontre animée par le géo-archéologue Vincent Ollivier (Université Aix Marseille), l’archéologue Bruno Helly (Maison de l’Orient et de la Méditerranée) et l’architecte Alain Rideaud, tous impliqués depuis de nombreuses années dans des missions scientifiques internationales soutenues en Arménie, et plus généralement au Caucase, par le ministère français des Affaires étrangères, le CNRS et l’Agence Nationale de la Recherche qui portent notamment sur des questions des domaines de l’archéomorphologie et de l’archéosismologie.

Le climat de notre planète a beaucoup varié au cours des temps géologiques. Depuis 2.6 millions d’années, des périodes de glaciations et de réchauffements se succèdent de manière cyclique à l’échelle globale.  Dans les paysages, de nombreux indices permettent de caractériser et de comprendre l’origine, la nature et l’ampleur de ces changements dont l’activité humaine n’est que l’un des responsables – et le plus récent bien que pas le moins important -, aux côtés de facteurs tels que les variations de l’insolation, de la circulation thermohaline, les activités solaires et les éruptions volcaniques. En même temps, l’observation des tendances du passé et présentes permettent de faire des prévisions pour l’avenir aussi, et sur ce sujet-là, les calculs de M Ollivier ne seraient pas des plus réjouissants pour les habitants d’Arménie, le géomorphologue français leur pronostiquant un climat et des paysages plutôt steppiques, changement qui est d’ailleurs déjà en cours et plus ou moins palpable.

L’impact des changements climatiques ne se réduisant pas aux paysages seul, les sociétés qui les subissaient s’y sont adaptés au fur et à mesure, en élaborant des modes de vie et de construction en accord avec leur environnement. C’était naturellement le cas des Arméniens aussi, communauté ancienne dont le territoire à forte sismicité et à « abondant en monuments archéologiques », selon M Helly, est à l’origine de diverses techniques inventées par les architectes et bâtisseurs arméniens afin d’édifier des bâtiments sismo-résistants, et cela, beaucoup de siècles avant que la science leur accorde un nom particulier. Éléments de culture sismique à l’origine, conçus afin de diminuer l’effet d’un tremblement de terre (dont par exemple les dièdres observés dans la cathédrale de Hripsimé à Echmiadzin ou encore à Haghartsin, invention purement arménienne), ces techniques et astuces s’éloignent souvent avec le temps de leur usage premier, en devenant des éléments décoratifs, a noté l’architecte M Rideaud.

Pourtant, avoir eu l’ingéniosité de bâtir sismo-résistant dans le passé n’est malheureusement pas garant d’absence d’erreurs de construction en matière aux temps modernes. Et l’exemple de l’Arménie se trouve pertinent cette fois aussi : d’après M Rideau, le temple de Garni fait partie des édifices qui risqueraient de s’écrouler au prochain déplacement de la faille de Garni à cause de la négligence de certains principes durant la reconstruction, un problème qui dépasse le domaine de la préservation du patrimoine, en s’étendant ainsi à celui de la sécurité des visiteurs du monument, l’un des plus célèbres en Arménie.

Cela dit, les chercheurs français et leurs collègues arméniens de l’Académie des Sciences d’Arménie ne sont pas occupés qu’à faire des constats : parmi leurs projets conjoints en cours figure l’élaboration d’un plan de protection contre les risques liés à la faille de Garni, celle-ci étant supposée d’être la menace principale pour Erevan, ville qui accueille de nos jours la moitié de la population de tout le pays. 
 

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