Université d’été : occasion de découvertes et une grande bouffée d’air

Cet été, l’association SPFA (Solidarité Protestante France-Arménie) organisait sa 14e université d’été qui avait réuni à Stépanavan une centaine de jeunes français et arméniens. À cette occasion, « Le Courrier d’Erevan » a profité de la présence en Arménie de Janik Manissian, président de l’Association, pour partager avec nous ses réflexions autour de l’Université d’été, du présent et de l’avenir de la francophonie en Arménie, et de leurs actions en la matière. Français d’origine arménienne, Janik a pour la première fois posé le pied dans le pays de ses ancêtres au lendemain du tremblement de terre de 1988, et ne s’en est plus séparé, en se retrouvant aujourd’hui, avec sa femme Margrit constamment à ses côtés et une équipe fidèle sur place dirigée par Habetnak Hakobian (« la cheville ouvrière de SPFA sur place », comme Janik l’appelle), comme l’héritier et le continuateur de l’oeuvre du Pasteur Samuel Sahagian, président-fondateur de l’Association.

Depuis 3 ans, SPFA l’organise à Stépanavan, dans le nord pittoresque de l’Arménie. Du 15 au 18 juillet, visites de la forteresse d’Achot Yergat et de Dendropark (le plus grand jardin botanique du pays), ateliers d’arménien, de danses traditionnelles, de travaux manuels, concert des « Nouveaux noms » (groupe de jeunes virtuoses d’Arménie) et soirées dansantes qui rythmaient les journées des jeunes ! La maison de repos a donc accueilli des jeunes Arméniens en provenance des clubs francophones de 7 villes d’Arménie - Artachat, Echmiadzine, Erevan, Goris, Gumri, Stépanavan, Vanadzor - et aussi de Stépanakert (Artsakh), auxquels se sont ajoutés de jeunes Français, Isséens venus dans le cadre d’un chantier de théâtre de marionnettes à Echmiadzine, et des scouts de toute la France venus animer une colonie de vacances à Vanadzoravec entre autre les enfants de familles défavorisées parrainées par SPFA.

Ainsi, Stépanavan ne marque qu’une étape dans le séjour des jeunes de France arrivant en Arménie via SPFA. Janiken est convaincu : « La découverte du pays leur offre une expérience enrichissante, voire transformatrice », au contact de jeunes locaux qui ne partagent pas la même réalité. Pour preuve- les parents qui, lors de la soirée de retrouvailles en France, viennent demander : « Mais qu’est-ce que vous avez fait à nos enfants ? »-.

« Moment très attendu »par les jeunes d’Arménie aussi, pour y avoir droit, ceux-ci  doivent fréquenter activement les clubs de discussion francophonesde l’Association, organisésdepuis de nombreuses années. « Pour nous, il est particulièrement important de pouvoir accueillir aussi des jeunes de l’Artsakh. Avec ce qu’ils y ont vécu, ce qu’ils vivent, l’université d’été devient une bouffée d’oxygène pour eux, même si beaucoup de familles appréhendent de se séparer de leurs enfants, ne serait-ce que pour quelques jours », souligne son président.

« Défendre le français, au lieu de vouloir lutter contre l’anglais »

Parallèlement aux clubs, les cours de français gratuits offerts dans les centres de l’Association restent sans doute son apport à long terme le plus important en faveur du maintien et de la promotion du français. « C’est sûr que l’anglais prend le devant, et que l’on ne peut pas lutter contre son enseignement. Moi, je choisis de défendre la langue française, et, à partir de là, on se donne tous les moyens pour pouvoir le faire, et il y a beaucoup de jeunes qui veulent apprendre la langue de Molière, en est la preuve, le nombre élevé d’inscription pour septembre, s’élevant à plus de 30, tout âge  confondu !», se positionne Janik. Avec ses 8 implantations en Arménie et en Artsakh, « SPFA est bien placée pourleur donner les moyens de réaliser leur désir », et elle n’y manque pas. En effet, les cours gratuits de français bénéficient annuellement à des dizaines de personnes : « Les conditions de vie des étudiants sont aussi difficiles pour eux que pour leurs parents ». Plus encore, ils peuvent même favoriser l’employabilité des jeunes, comme cela a été le cas pour une jeune fille du Siounik qui a été préférée pour un emploi dans le secteur de la restauration grâce au peu de français qu’elle savait !

Sur ce fonds, « la cerise sur le gâteau, c’est quand-même l’Artsakh », trouve M Manissian, en soulignant le « travail de pionnier colossal » fait sur place par Hovig Guévorkian, représentant de la délégation du Haut-Karabagh en France : « C’est sur son initiative qu’en automne dernier, on a posé, avec plusieurs parlementaires français de visite en Artsakh, la première pierre du centre Paul Éluard à Stepanakert. Une collaboraiton s’est installée avec le club de SPFA avant même l’ouverture du Centre. On fait venir des livres de France, on partage une partie de notre bibliothèque d’Erevan avec eux ».

*M. Manissian souligne leur reconnaissance à Dieter Kleinknecht, ami de longue date de SPFA, pour le soutien annuel à l’organisation de l’université d’été, à Hélène Ohandjanian et Lilit Minassian pour leur intense collaboration.

 

 

Tous droits réservés © FrancoMédia 2012-2015.

Développement et hébergement iHost