Ambassadeur Lucas Gasser sur les liens économiques entre la Suisse et l’Arménie

Le 19 mars 2016, en amont du lancement officiel de la Saison de la Francophonie en Arménie, les membres de la section arménienne de l’Union de la presse francophone (UPF) avaient rendez-vous avec l’ambassadeur de Suisse en Arménie M Lukas Gasser. Il s’agissait d’une première rencontre informelle, sans ordre du jour, pour pouvoir offrir, de part et d’autre, la liberté des sujets à discuter. Les liens économiques entre les deux pays y ont tenu une part importante.

« Pour la taille de l’Arménie, et même en comparaison avec la Géorgie ou les pays des Balkans, notre commerce est très bien développé. En 2014, on avait 120 millions de francs suisses d’échanges commerciaux », a noté l’ambassadeur. Bien que la balance commerciale soit encore très en faveur de la Suisse – ce que M Gasser regrette, un équilibre de part et d’autre étant, selon lui, nécessaire dans les échanges commerciaux pour leur développement futur –, le potentiel en est pourtant considérable.

Pour mieux l’exploiter, des efforts seraient à faire de la part des producteurs arméniens afin de garantir la qualité éxigée par le marché suisse qui n’est d’ailleurs pas aussi difficilement accessible que l’on croit généralement : « La Suisse applique ce qu’on appelle Système généralisé de préférences (SGP : préférences tarifaires d’importation sous forme d’exonération ou de réduction des droits de douane octroyées aux pays en développement, ndlr). Pourtant, lorsque je me suis renseigné auprès du ministère suisse de l’Économie combien les exportateurs arméniens profitent de cet instrument, il s’est avéré qu’ils ne s’en servent pas du tout, ce n’est pas connu ».

En attendant, le marché arménien accueille des marques suisses présentes partout dans le monde comme Nestlé, Roche, Novartis, Lindt, etc, tout comme des entreprises relativement plus petites, notamment dans le domaine pharmaceutique : « Une entreprise de Schaffhouse (la compagnie pharmaceutique Azad, ndlr) a ouvert, il y a deux ans, un laboratoire où une trentaine de jeunes chimistes arméniens font de la recherche, notamment sur le développement de médicaments génériques », a informé l’ambassadeur qui voit dans cet exemple un signe du potentiel et des perspectives de développement des liens économiques arméno-suisses. « À titre d’exemple, parmi les 60 mille emplois créés en Thaïlande par les entreprises suisses depuis une cinquantaine d’années, il n’y a aucun qui s’attache aux domaines de la recherche et du développement », a-t-il ajouté.

L’importation de machines pour le secteur minier et les investissements dans les secteurs banquier et financier figurent parmi les autres domaines importants des liens économiques entre l’Arménie et la Suisse. « Beaucoup d’entreprises hésitent encore à s’installer en Aménie à cause de sa situation géopolitique difficile, toutefois, la maîtrise de plusieurs langues étrangères et le haut niveau de formation des Arméniens sont assez connus en Suisse et en Europe occidentale », a remarqué l’ambassadeur Gasser en conclusion.

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