Fête nationale: conférence de presse de l`Ambassadeur de France

Le 12 juillet, au Club national de la Presse à Erevan, l’ambassadeur de France en Arménie M. Jean-François Charpentier a donné la déjà traditionnelle conférence de presse de la veille de la Fête nationale française. Outre la symbolique et l’importance du 14 juillet, la rencontre est devenue l’occasion de parler football, politique, économie, francophonie, en lien avec l’actualité des deux pays et de leurs relations dans un contexte bi- et multilatéral.

Le vrai message du 14 juillet
Évoquant le 14 juillet, on se réfère communément à la prise de la Bastille en 1789 qui annonçait la destruction de tout un système d’absolutisme, événement dont les conséquences dépassent d’ailleurs de loin les confins de la France. « Or, on ne construit pas une nation sur une destruction mais sur une base positive », a remarqué l’ambassadeur. Ce que l’on célèbre en réalité, c’est le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération, « lorsqu’au Champ-de-Mars, le roi a prêté serment au peuple français ». Considéré comme date de naissance de la nation française, c’est aussi là qu’est né le principe de toute démocratie moderne, à savoir « l’inversion de la logique du pouvoir », avec le peuple qui élisait désormais ses dirigeants. « La participation citoyenne et le dialogue permanent entre les autorités et la population d’un pays » : voilà donc, selon l’ambassadeur français, le vrai message, universel, du 14 juillet.

Sur la rencontre des présidents arménien et azéri prévue en août à Paris

Interrogé sur une éventuelle rencontre des présidents à Paris, qui suivrait celles de Vienne de Saint-Pétersbourg, à la suite de l’escalade des opérations militaires à la frontière entre l’Artsakh (Haut-Karabagh) et l’Azerbaïdjan en avril dernier, l'ambassadeur français a rappelé que la France était toujours disponible à recevoir les présidents d’Arménie et d’Azerbaïdjan et que la question du Haut-Karabagh était "suivie au plus haut niveau dans les trois pays coprésidents du Groupe de Minsk" qui travaillent ensemble pour trouver des solutions pacifiques au conflit.

Sur le nouvel accord UE-Arménie
Il y a 3 semaines, la quatrième étape des négociations sur un nouvel accord-cadre entre l’UE et l’Arménie a pris fin à Bruxelles. Bien que rien ne soit encore connu ni sur la forme que ce nouveau texte va prendre - après un Accord d’association échoué en 2013 - ni sur les délais de sa finalisation, l’ambassadeur français a constaté la « volonté d’aboutir à quelque chose de concret et d’ambitieux de part et d’autre », soulignant le soutien de la France au processus qui a toujours exprimé son souhait d’un accord « le plus ambitieux possible pour l’UE et l’Arménie ».

Trois axes de priorité dans les relations franco-arméniennes
À côté d’un « dialogue politique d’excellente qualité » marqué par des rencontres et des visites de très haut niveau régulières et une coopération décentralisée importante, il y a trois domaines dans lesquels l’ambassadeur Charpentier souhaite qu’on « intensifie les relations », et l’Ambassade y travaille. Il s’agit du volet économique : « On peut y faire beaucoup mieux », répète l’ambassadeur, discours qu’il tient dès le début de son arrivée en Arménie. Dans cette perspective, l’Ambassade travaille très étroitement avec la Chambre de commerce franco-arménienne et les chambres en France, en maintenant à la fois un dialogue permanent avec les autorités arméniennes. Parmi les secteurs visés par la France dans ses rapports économiques avec l’Arménie, l'Ambassadeur a distingué notamment les  infrastructures, la gestion des eaux, la santé, l’agriculture, les transports. Le renforcement de la Francophonie et la coopération institutionnelle constituent les deux autres axes de priorité de la coopération franco-arménienne.

L’Arménie membre de l’OIF mais moins francophone qu’avant
Il y a trois ans, l’Arménie est devenue membre à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cela dit, paradoxalement,  il y a 25 ans, elle comptait beaucoup plus d’élèves apprenant le français que de nos jours. « L’Université française en Arménie (UFAR) est un élément important pour pouvoir regagner le terrain », a noté l'Ambassadeur. En même temps, l’Ambassade de France coopère avec les autorités arméniennes au renforcement du français dans les écoles primaires et secondaires du pays, également à travers la mise en place de l’enseignement du français renforcé et le soutien au lycée franco-arménien 119 de la capitale dispensant des cours bilingues. « Un dispositif essentiellement concentré sur Erevan », reconnaît l’Ambassadeur, soulignant l’importance d'efforts du côté arménien : «  L’action de l’Ambassade a ses limites. Nous agissons en appui à l’action des autorités arméniennes mais on ne peut pas les remplacer ». À l’ordre du jour de la coopération entre le ministère arménien de l’Éducation et l’Ambassade de France, figurent également « le renouvellement des professeurs de français dont l’âge est souvent proche de la retraite et les manuels scolaires », des défis à relever dans le futur. 

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