Emmanuel Mandon: «On a une collaboration régulière tout au long de l’année»

Par Arus Khatchatrian
 

Depuis de nombreuses années, on n’a plus besoin d’introduire aux Arméniens le député français, François Rochebloine. Les populations locales le connaissent très bien à travers divers projets de développement durable soutenus à sa demande par la France: approvisionnement en eau de communes et de structures hospitalières, construction ou aménagement d’écoles secondaires ou maternelles, structures sociales pour jeunes handicapés, créations d’espaces jeux pour les enfants, soutien à des projets agricoles dans les villages ou d’équipement d’hôpitaux, etc, avec pour principaux bénéficiaires les populations des zones en difficulté comme celles de Gumri et de Spitak (du fait du séisme de 1988) ou encore le Haut-Karabagh (du fait de la guerre) mais aussi la capitale Erevan.

Des projets adaptés aux besoins sur place, ce qui ne serait pas facile – pour ne pas dire que ce serait impossible – sans partenaire local, en l’occurrence l’association SPFA et en particulier Jacques Matossian, ingénieur français d'origine arménienne, maître d’œuvre de tous les projets de SPFA sur place et  figure incontournable lorsqu’on évoque l’histoire de l’amitié Rochebloine-Arménie(ns), car il s’agit de bien plus qu’un simple partenariat.

Parmi les dernières réalisations ayant marqué ce partenariat comptent l’inauguration, en septembre dernier, d’un espace jeux dans le village de Maïssyan près de Gumri et l’ouverture d’une classe d’eau internationale au sein du centre « Endanik » (« Famille ») basée à Gumri. Le nouvel espace jeux porte le nom d’Emmanuel Mandon, le collaborateur parlementaire de François Rochebloine qui, depuis 2001, est très impliqué dans le suivi de nombreuses actions de coopération en Arménie. M. Mandon qui est par ailleurs élu local (19 ans élu municipal de St Chamond, aujourd’hui conseiller régional de Rhône-Alpes) a accepté de partager avec « Le Courrier d’Erevan » son ressenti après sa visite de ces deux dernières réalisations, et sa vision de la collaboration avec SPFA :

L’espace jeux à Maïssyan
Il s’agit d’un espace jeux et terrain de sport ouvert, aménagé près de l’école du village. Il  est accessible à toute heure de la journée et l’on peut y pratiquer des sports collectifs, faire de la gymnastique ou organiser des cours de danse à ciel ouvert. Cet espace est équipé de gradins ce qui permet la présence du public. Ce projet mis en œuvre par SPFA « répond à un vrai besoin », selon Emmanuel Mandon, « les villages en Arménie souffrant malheureusement d’un manque d’équipements de loisirs ».  En plus, pour la jeunesse de ces villages, « c’est une manière de s’ouvrir sur la pratique sportive » : qui sait, quel futur sportif célèbre y fait ou fera ses premiers pas, la région de Gumri étant connu comme le berceau de beaucoup de champions internationaux.
           
La classe d’eau internationale
« C’est un concept super », remarque M. Mandon avec enthousiasme, tout en expliquant qu’il offre «  une ouverture internationale, une approche environnementale et une sensibilisation, à ce bien précieux, qu’est l’eau. Un pays comme l’Arménie qui est obligé de repartir à zéro du fait de l’effondrement du système soviétique, de l’indépendance, de la guerre, du tremblement de terre, de la crise économique et qui a besoin de se rebâtir et de se développer, malheureusement, néglige obligatoirement son environnement. Là, on a bien compris qu’il faut aussi penser à le défendre, qu’il faut une approche scientifique et rationnelle de l’utilisation de l’eau, une bonne répartition de cette ressource précieuse, qu’il est nécessaire de lutter contre et de prévenir les pollutions, d’améliorer la qualité de l’eau. Tout cela passe par de la pédagogie, de la recherche, des transferts de technologies, etc, et la classe d’eau s’inscrit dans cette dynamique. C’est une ouverture pour de nombreux jeunes et de nombreux enseignants ».

La classe d’eau créée en partenariat avec la fondation Cédric Martin va intégrer une dimension francophone aussi, avec des cours en arménien mais aussi en français, informe notre interlocuteur. Dans ce contexte, un livre bilingue sur l’eau a été publié, un travail d’une qualité que M Mandon trouve absolument « remarquable ».

La coopération avec SPFA
« On tient à coopérer avec des associations qui ont des représentants en France et une interface en Arménie pour assurer le suivi », ce qui est largement le cas de SPFA, présente dans huit villes en Arménie et au Haut-Karabagh. « SPFA a trois priorités – eau, santé et jeunesse - qui, à mon avis, ont beaucoup de sens, et je crois que c’est ce qui est le plus intéressant de soutenir », note le conseiller régional Rhônalpin. Contrairement aux actions qui ne sont que « plaquées », celle de SPFA est « réfléchie, très structurée et très complète », menée de concert avec les acteurs du terrain, donc plus adaptée aux besoins réels de la population locale, selon M Mandon.

« On a une collaboration régulière tout au long de l’année, sous toutes ses formes, ce qui fait que maintenant, on connaît assez bien l’Arménie », conclut-il. 

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