Mme le Maire de Bourg-lès-Valence en Arménie et au Karabagh

Madame Marlène MOURIER, Maire UMP de Bourg-les-Valence, a récemment effectué une visite en Arménie et au Karabagh. Le Courrier d'Erevan a demandé à Mme le Maire de partager ses impressions sur le voyage.

-  Madame le Maire, vous venez d’effectuer une double visite à Talin, en Arménie, et à Chouchi, au Haut-Karabagh. Quels ont été les objectifs  de ces déplacements ? Qu'est-ce qui vous  a amenée au Karabagh et d'ou est née l'idée d'y aller?

- Nous nous sommes d'abord rendus à Talin puisque c'est notre ville jumelle avec Bourg-lès-Valence depuis seize ans, et dont je suis maire depuis six mois. J'ai voulu venir à Talin pour faire connaissance, établir des relations d'amitié avec la nouvelle municipalité. J'étais accompagnée d'une délégation importante composée de deux élus du conseil municipal de Bourg-lès-Valence: Mme Mariam Kenan qui est chargée des relations avec l'Arménie, Mme Christiane Montaner qui est chargée du jumelage. Egalement étaient présents M Jean-Pierre Sandoz, président du comité de jumelage de Bourg-lès-Valence, accompagné de Mme Josias Tchagaspanian qui est président de la commission Arménie au comité de jumelage, et de M Robert Tafankejian qui représente à lui seul tout le milieu associatif arménien. Et c'est grâce à lui que nous avons signé la charte d'amitié avec Chouchi (N.B. publiée séparément), car c’est M. Tafankejian qui m'a mis en relation avec l'Ambassadeur et toutes les autorités de la République du Haut- Karabagh.

- Commençons par Talin qui est votre ville jumelle. Vous connaissiez déjà des élus locaux de Talin avant de vous y rendre ou c'était vraiment une découverte?

Non, c'était vraiment la découverte: la découverte des élus, la découverte de la ville de Talin. Nous y sommes aussi allés parce qu'il y avait l'inauguration du parc de Bourg-lès-Valence, un parc qui se situe en centre-ville ; nous avons inauguré ce parc en présence de nombreux enfants de Talin et de la région. Nous avons fait également une visite de la ville et des équipements, notamment de ceux qui avaient été fournis par notre ville, et aussi nous sommes allés visiter le centre d'enfouissement qui avait été financé en partie par le comité de jumelage de Bourg-lès-Valence. En plus de cela, nous avons rendu visite au centre de la Francophonie puisque le comité de jumelage finance le poste du professeur de français à Talin, et nous avons ainsi découvert des enfants qui récitaient Molière, Verlaine, Victor Hugo… Et nous avons aussi visité une école de musique, où nous avons vu des enfants qui savent jouer très jeunes. C'était très impressionnant !

- Est-ce que votre visite à Talin a abouti à de nouveaux projets de développement  ou de coopération?

- Oui, puisque nous avons fait une réunion de travail pendant deux heures avec M le maire et son équipe de façon à savoir quelles seraient les priorités, dans quel sens nous pourrions les aider. Malheureusement, tout ne sera pas bien sûr réalisable parce que nous avons aussi un budget à respecter. Ce qu'ils souhaiteraient - surtout concernant le problème d'assainissement qui est important pour eux - c'est pouvoir recouvrir leurs déchets de terre et ne pas les faire brûler, donc ils ont besoin d'un tractopelle. Un problème d'irrigation aussi et tout ce qui concerne l'eau : là, ils ont besoin d'abord des conseils sur un certain savoir-faire français en la matière.

- Après Talin, le Haut-Karabagh où vous avez signé une Charte de collaboration avec la Ville de Chouchi.  Quels sont les points de collaboration future?

- Il y a des possibilités multiples de collaboration : prochainement, la ville de Chouchi va ouvrir un lycée agricole de 1700 places. Et bien, nous aussi, nous avons un lycée agricole qui est très important dans le département de la Drôme. Comme autres points communs nous avons l’école de musique, le sport, l'art, la culture… Depuis des années, à Bourg-lès-Valence, on reçoit des troupes artistiques d'Artsakh. Ainsi, le 18 novembre prochain, nous recevons la troupe "Les Voix d'Artsakh" au théâtre du Rhône de Bourg-lès-Valence.

Pour vraiment bien m'imprégner, savoir quels échanges nous allons pouvoir faire, nous avons eu plusieurs rencontres. Ainsi, j’ai pu rencontrer le maire de Chouchi, le ministre des Affaires étrangères, le président de l'Assemblée nationale, le ministre de la Culture et, bien sûr, j'ai terminé par le président de la République. Il est vrai que Chouchi a un patrimoine historique et culturel très important. J'ai vu deux musées magnifiques - le musée de peinture et de sculpture, et le musée de tapis - qui m'ont vraiment séduite: de petit format mais qui aspirent aussi à un développement, je dirais, touristique.

Contrairement à mes attentes, je me suis trouvée dans une ville avec beaucoup de sérénité, une ville en développement, en reconstruction, très dynamique, qui veut aller de l'avant. En plus, il y a l’idée d’organiser l'année prochaine, au mois d’octobre, un festival de la Francophonie, auquel nous sommes invités.

- Vous n'avez pas peur d'être maintenant sur la liste noire comme le sont vos collègues qui ont visité le Haut-Karabagh?

 - Bien sûr, je le sais, mais je ne le regrette absolument pas, et je suis vraiment là, aux côtés de ce peuple qui a vraiment souffert et qui se relève. J'ai écouté, entendu beaucoup de femmes qui sont venues parler puisqu'on était là à la rencontre de la population. Il n'y a pas une famille qui n'ait pas perdu un être cher lors de la guerre, y compris Mme le ministre de la Culture qui a perdu son mari, son beau-père… Et tous ces gens-là veulent faire des choses pour leur pays, ce que je trouve formidable. C'est pour cela qu'on ne peut pas faire autrement que d’être à leur côté et les soutenir. Je n'ai pas peur de l'Azerbaidjan du tout.

- Est-ce qu'on pourrait envisager justement un nouveau jumelage, celui entre Bourg-lès-Valence et Chouchi?

- Tout à fait, aujourd'hui, on parle de charte d'amitié mais pour nous, cela correspond complètement à un jumelage. Je suis vice-présidente de l'agglomération chargée de la culture, et nous avons évoqué avec Mme le ministre de la Culture du Karabagh des faits assez concrets, des échanges concernant aussi des expositions qui pourraient se faire à Chouchi et à Bourg-lès-Valence, des projets musicaux. Nous sommes bien motivés, et on aime bien passer à la concrétisation de ce qu'on a prévu, donc on va se mettre autour d'une table et on va agir très rapidement. 

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