Valence – Idjevan : zoom sur la coopération

Grégoire Tafankejian, président de la COADA (Coordination des Organisations arméniennes Drôme Ardèche), nous raconte les échanges privilégiés entre les villes jumelées de Valence et d’Idjevan.

- La coopération entre les villes de Valence et d’Idjevan est souvent citée comme l’un des meilleurs exemples des jumelages entre les villes françaises et arméniennes. Quelles en sont les priorités?

- C’est d’abord l'enseignement, car il permet de préparer les jeunes pour l’avenir. C'est pour cela qu'on prépare une charte spéciale qui portera sur un partenariat avec l'université d'Idjevan pour que des jeunes étudiants français de Valence puissent se rendre à Idjevan et vice-versa. Les premiers contacts qu'on a eus dans ce cadre étaient positifs ; on sent une demande forte de la part des jeunes Arméniens d'Idjevan, et les Valentinois sont également très ouverts. Je pense donc que cette coopération va dans le bon sens.

En fait, nos échanges sont permanents : à la fin de l’été, au mois d'août, une dizaine d'étudiants français d'origine arménienne de Valence se sont rendus dans notre ville jumelle d'Idjevan pour un séjour de découverte et d'échange. L'année dernière, nous avons reçu des étudiants d'Idjevan qui étaient restés pendant un mois à Valence et qui avaient même participé à des cours à l'IUT de Valence.  

Parallèlement à cela, en partenariat avec la Mairie d'Idjevan,  nous menons des actions qui vont servir la policlinique et le service de la propreté de la ville. Nous souhaitons également mettre en place un projet à un plus long terme en fondant une ferme avec des oies pour fabriquer du foie gras.  

-Y a-t-il déjà des produits à Idjevan qui arrivent jusqu'à la France, en l’occurrence jusqu'à Valence?

-Essentiellement, c'est le vin. Il faut dire qu'au départ, il y une dizaine ou une quinzaine d'années, le vin arménien n'était pas très bon, mais il s'est amélioré aujourd'hui : au niveau de la qualité, de la vinification, il y a eu  beaucoup de progrès. D’une manière générale, je pense qu'il y a différents débouchés qu'on peut exploiter à Idjevan, dont l’un des exemples les plus évidents est le miel.  

Pour aller plus loin, nous avons mis en place un office de tourisme qui pour l'instant fonctionne au-delà de ses capacités, et je pense que nous pouvons encore développer cela. Personnellement, je souhaiterais qu'on édite une brochure multilingue à la disposition des touristes pour informer les Valentinois et les gens de la région Rhône-Alpes en général - sur l'exemple de ce qui a été fait entre les villes de Romans et de Vardenis. Tout à fait objectivement parlant, nous ressentons ici ces dernières années une hausse d'intérêt envers l'Arménie.  

-Est-ce qu'il y a beaucoup de voyages non pas des Arméniens de Valence, mais des Valentinois français qui vont vers l'Arménie, vers Idjevan?

-Bien sûr, on ne peut pas parler d'un tourisme de masse, mais quasiment tous les étés, tous les printemps, il y a toujours quelques Valentinois qui se déplacent. Très souvent, ils vont dire un bonjour à la Mairie d’Idjevan, et je tiens à souligner que généralement, ils sont toujours très bien reçus par la municipalité d'Idjevan. Parfois il suffit de s'identifier en disant qu'on vient de Valence pour être tout de suite invité au restaurant, si besoin même être logé… Pour l’instant, cela reste encore du tourisme familial, mais je pense que la région de Tavouch en général et Idjevan en particulier sont magnifiques à découvrir. Tout reste encore à faire donc.  

 

Tous droits réservés © FrancoMédia 2012-2015.

Développement et hébergement iHost