La petite France: la rentrée 2012 des écoles françaises à Erevan

Comme dans la plupart des pays du monde, il existe en Arménie des établissements français d’enseignement scolaire – ici, c’est une école maternelle et une école primaire. A elle deux, elles accueillent cette année près de 150 élèves. Bien sûr, le nombre réduit d’expatriés francophones ne contribue pas au développement du système d’enseignement français, et l’image aurait été toute autre s’il y avait plus d’entreprises françaises dans le pays, mais cela relève d’une autre problématique. 

Aujourd’hui, les élèves des écoles françaises en Arménie peuvent être divisés en trois catégories : les expatriés francophones, les familles rapatriées en 1946-1947 qui s’efforcent de préserver la langue française, et les familles arméniennes aisées qui non seulement adorent la France, mais rêvent qu’un jour leurs enfants puissent y vivre. Curieusement, c’est cette dernière catégorie qui semble parmi les plus motivées pour suivre l’enseignement en français qui, soit dit au passage, est relativement onéreux, même si les tarifs pratiqués en Arménie sont parmi les plus bas pour les écoles françaises à l’étranger, et que la qualité de l’enseignement est d’un très bon niveau.

Toutefois, la réussite de l’enseignement français en Arménie dépend non seulement de la qualité des prestations, mais aussi des lois en vigueur. En fait, si l’école maternelle peut exercer sans se soucier de la légalité de ses activités, l’enseignement préscolaire n’étant pas obligatoire en Arménie et les établissements étant libres de faire ce qu’ils entendent en terme de langue d’enseignement, les choses se compliquent ensuite. A partir de l’école élémentaire, l’enseignement devient obligatoire et, selon la loi en vigueur, doit se faire en langue arménienne. La question est délicate et remonte au passé car ici, les souvenirs des années soviétiques où les meilleurs professeurs et, par conséquent, les meilleurs élèves se dirigeaient vers des écoles russes, sont encore vivants. Voici donc où se trouve l’un des problèmes majeurs de l’enseignement français, et plus largement, de  toute scolarité secondaire en langue étrangère en Arménie. C’est cette condition qui a fait, par exemple, que l’école primaire française n'est plus agréée par le Ministère arménien de l’Education et des Sciences. Heureusement, les deux parties ne manquent pas de bonne volonté, et une négociation est en cours afin de trouver une solution à ce problème. D’autant qu’il risque de se poser à nouveau dans le contexte de la préparation de la création d’un lycée français dont l’idée avait été lancée par l’ex-président Nicolas Sarkozy lors de sa visite en Arménie en octobre 2011. Si tout va bien et si le juste équilibre est trouvé, on pourra espérer pouvoir un jour passer son baccalauréat français en Arménie. Et en attendant, on reste à l’école !

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