Soixante-dix écoliers ont fait leur rentrée à la Fondation Ecole française d'Erevan

C’est à l’initiative de parents dont les enfants avaient fréquenté l’école maternelle française d’Erevan qu’une école primaire gérée par la Fondation Ecole Française d’Erevan a vu le jour en 2007. C’est donc la cinquième rentrée pour cette école assurant le cursus à partir des cours préparatoires, assurant la scolarité du CP au CM2 et jusqu’au brevet du collège. Ce dernier sera préparé cette année par quatorze élèves, à l’aide du programme d’enseignement à distance du CNED.

Comme dans toutes les écoles françaises à l’étranger, les enfants suivent le programme officiel hexagonal, complété ici par des cours d’arménien ou de russe renforcé, pour ne pas être coupé de la réalité quotidienne du pays. Les effectifs de l’école - directeur, professeurs, gardien et cuisiniers confondus – représentent en tout une vingtaine de personnes. Quatre professeurs sont des Français, les autres sont des jeunes diplômés de l’Université d’Etat ou de l’Université linguistique Brussov. Ayant reçu à la base une formation de linguiste, ils doivent s’adapter au cursus élémentaire en enseignant les mathématiques, l’histoire ou la géographie. Pour leur faciliter la tâche, des possibilités de suivre régulièrement des stages de formation et de recevoir des visites  d’un inspecteur de l’Education Nationale sont créées. “En France, l’inspection est perçue comme un contrôle mais ici, on adore : l’inspecteur est quelqu’un qui nous aide, il nous conseille beaucoup, c’est lui qui propose les stages », - raconte  Martin BEKKER, directeur de l’école depuis presque un an et, parallèlement, professeur en classe de CP. – Ainsi, l’année dernière l’une de nos enseignantes a suivi un stage de trois mois à Marseille ». Chaque année, une classe de l’école primaire d’Erevan a la possibilité d’être accueillie par une école hexagonale et de visiter le pays dont elle apprend la langue.

A la différence de l’école maternelle qui est obligée de refuser des élèves faute de place, l’école primaire d’Erevan pourrait bien en accueillir encore une centaine dans son bâtiment actuel, mais les candidats se font désirer. "L’école est malheureusement trop chère pour les ressortissants de la classe moyenne arménienne, alors que ce sont eux qui sont le plus proche d’une culture francophone", - souligne Martin Bekker. Effectivement, malgré le fait que l’école soit soutenue par différents fonds privés, la scolarité ici revient à 2 800€ par année scolaire – pas facile donc d’y envoyer son enfant en connaissant le niveau des revenus en Arménie. Heureusement, pour les élèves ayant la nationalité française et remplissant les conditions nécessaires, il existe des bourses du gouvernement français: ce sont essentiellement des enfants issus des familles des rescapés du génocide rapatriés en Arménie dans les années quarante, soit environ un quart des élèves, qui en bénéficient.

En dehors de ces enfants, on retrouve sur les bancs de l’école primaire française d’Erevan des enfants d’expatriés étrangers (beaucoup de Français, mais pas uniquement), des franco-arméniens et quelques arméniens francophiles, généralement issus de familles assez aisées, parfois non francophones mais attirées par cette alternative aux écoles publiques. Tous ces écoliers issus d’univers sociaux très différents se retrouvent côte à côte dans des petites classes, entre quatre et quatorze élèves, très bien encadrées, situées dans un bâtiment près du centre ville, entièrement rénové et sécurisé. L’école est homologuée par le Ministère de l’Education Nationale français qui apporte son soutien pédagogique et logistique à la structure, et depuis Septembre 2010, elle a établi une convention avec la Mission laïque française. 

A la fin de cette année scolaire, le premier élève de l’école primaire française d’Erevan passera son Brevet des Collèges. Il ne manque désormais qu’un lycée pour que la formation française, d'ores et déjà rendue possible à un niveau universitaire avec la présence, à l’autre extrémité de la ville, de l’UFAR (Université Française en Arménie), soit complète en Arménie.  

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