Marashlyan Retro: un lieu incontournable à Erevan

Par Arus Khatchatrian

Des photos individuelles ou de groupe en costumes traditionnels arméniens : désormais leurs lieux de rendez-vous ne sont plus uniquement les anciens albums hérités des grands-mères. Depuis plus d’un an, on peut revenir en arrière grâce à l’ouverture de l’Atelier Marashlyan Retro à Erevan. Et depuis peu, il s’abrite dans l’un des rares bâtiments de la capitale à l’architecture et à la bonne ambiance anciennes encore intactes. 

Malgré sa formation et son parcours professionnel en pharmacologie, Emma Marashlian se sentait depuis longtemps le goût pour la photographie au point d’en avoir pris des cours encore à Moscou. Pourtant, c’est après l’installation en Arménie en 2009 du couple Marashlian que naît l’idée de créer un studio qui se distinguerait des autres ateliers de photographie de la capitale par sa vocation de lieu de rassemblement familial, « où l’on irait en famille ou entre proches », explique Emma Marashlian. Idée qui, concrétisée après la découverte fortuite sur Facebook des photos en taraz (tenues traditionnelles) d’un ami, est devenue un vrai projet, en aboutissant à l’ouverture, en 2013, de l’atelier Marashlyan Retro spécialisé dans des séances de photos en tenues traditionnelles arméniennes, le tout grâce aux efforts et aux investissements personnels du couple Marashlian.

Depuis l’ouverture, la collection des tarazs - composante importante du projet assurée dès le début par le centre de culture Terian qui demeure le principal partenaire en la matière - mise à la disposition des clients de l’atelier s’étoffe doucement. On y trouve pour tous les goûts : des tarazs entièrement restaurés à partir d’anciennes photos, de concert avec des ethnographes et dans le respect, dans la mesure du possible, des plus menus détails (très représentatifs, ceux-ci sont notamment en provenance de la région de Vaspourakan mais aussi d’Alexandrapol (actuelle Gumri) ou d’autres coins de l’Arménie historique), tenues stylisées plus légères ou encore costumes à l’européenne que les Arméniens avaient l’habitude de porter aussi, aux côtés de leurs propres vêtements traditionnels. « La naissance de chaque costume est comme celle d’un bébé : elle prend du temps, et nous y lions beaucoup d’espoirs et d’attentes », remarque Emma Marashlian tout en ajoutant : « Mais je ne suis pas pressée ; l’important pour moi est la qualité ».

Seule au départ à faire tout depuis la prise des photos jusqu’à leur remise entre les mains du client, Emma Marashlyan dirige aujourd’hui une petite équipe de six personnes, ce qui lui permet de se consacrer plus à la recherche de nouvelles idées, de nouveaux projets et de collaborations, tandis que les photos signées « Atelier Marashlyan » continuent dans la lignée tracée par elle : costumes et couleurs mis au service du sens de la photo au lieu de l’éclipser, ce qui les dote d’un style particulier mariant avec succès l’ancien et le moderne et rend l’origine des photos facilement reconnaissable même en l’absence de signature.

Et qui sont les principaux visiteurs de l’atelier ? Les touristes et notamment les Arméniens de la diaspora cherchant à s’initier ainsi à la culture locale, penserait-on. C’est ce que se disait Emma Marashlian aussi avant l’inauguration de l’atelier. Prévisions qui s’avèrent erronées, au moins pour l’instant, car la grande majorité des clients sont encore les locaux ! Fait que l’initiatrice du projet explique comme l’effet du « bouche à oreille », principal moyen de se faire connaître pour un projet qui évite la publicité agressive. Cela dit, un nouvel atelier Marashlyan a récemment ouvert ses portes à Tatev, l’un des sites les plus attractifs du pays, avec une offre élaborée spécialement pour les touristes qui, en plus de la rapidité, met en valeur la richesse vestimentaire traditionnelle de la région historique de Zanguezour  où se situe le site de Tatev.

 « En fait, malgré l’absence de publicité en tant que telle, nos voyages et déplacements à l’étranger m’ont révélé que l’atelier Marashlyan y est assez connu au point de nous épargner souvent l’effort d’en présenter le concept. remarque Emma Marashlian et poursuit : « Nous avons eu des propositions d’ouvrir des ateliers même à Moscou ou à Los Angeles ». Pourtant, elle qui rêve de voir un jour ressuscitée, au moins parmi les femmes arméniennes, la tradition du port de tenue traditionnelle aux mariages (elle-même en donne l’exemple avec sa famille, portant des robes arméniennes stylisées aux occasions particulières), s’est fixée comme objectif premier de l’année la promotion des traditions vestimentaires à travers la participation à diverses initiatives (comme les différentes expositions ou encore le Yerevan Taraz Fest le 5 août 2015 auquel l’atelier Marashlyan tenait tout un pavillon : NDLR), avant de penser au simple et pur gain financier.

Puisqu’on a évoqué l’argent, notons aussi que, selon l’étude de marché réalisée par l’atelier Marashlyan, les prix des séances photos à l’atelier sont légèrement au-dessous de la moyenne : « Une simple étudiante qui veut avoir une photo à l’atelier en tenue traditionnelle sera en mesure de se le permettre », assure Emma Marashlian.

Présent actuellement sur Facebook et Instagram, l’atelier Marashlyan disposera  sous peu de son propre site Web qui mettra à la portée des internautes la totalité de son offre : séances photos individuelles, en famille ou en groupe, en studio ou en plain air, accompagnées éventuellement des tapis Tufenkian, avec la possibilité non seulement de s’inscrire en ligne mais aussi d’acquérir des cartes cadeaux pour les proches. Et si vous décidez d’y aller, ne vous étonnez pas de la « condition » d’Emma de faire une de vos photos exclusivement à sa manière et de la garder pour elle, « pour l’âme », comme elle l’aurait dit !

Pour plus d’infos sur l’Atelier Marashlyan : https://www.facebook.com/Photo.Marashlyan
 

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