Rencontre informative KASA-CNF

Le jeudi 17 décembre, l’équipe de la Francophonie de la fondation humanitaire suisse KASA a tenu son dernier événement de l’année 2015. La rencontre informative avec Rouzanna Ghalthaghtchian, responsable du Campus numérique francophone (CNF) d’Erevan marquait également la clôture du trimestre francophone consacré à l’éducation.

Pure nouveauté pour certains, un peu plus familier à d’autres, les activités du CNF d’Erevan, représentation officielle de l’AUF (Agence universitaire de la Francophonie) en Arménie rattachée au bureau Europe centrale et orientale (BECO), et les diverses possibilités de formation, de stage, de recherche et de volontariat que sa présence offre aux jeunes francophones étaient au cœur de la rencontre.

Mme Ghaltaghtchian a présenté les offres en cours et les appels réguliers de l’Agence qui s’inscrivent dans une démarche locale, régionale (il s’agit évidemment de l’Europe centrale et orientale, ce qui regroupe 93 établissements dans 20 pays différents de la région) et internationale de promotion de l’enseignement supérieur et de la recherche francophones, ainsi que l’action de l’AUF pour appuyer la modernisation de ses établissements membres.

Si la plupart des projets, comme celui de l’octroi de bourses de mobilité internationale ou de stage local, s’adressent exclusivement aux étudiants et aux enseignants chercheurs des universités membres de l’AUF – à propos, il y en a 5 pour le moment en Arménie : l’Université d’État, l’Université des langues et des sciences sociales Brusov, l’Université pédagogique, l’Université d’architecture et de construction et l’Université française en Arménie –, certains sont ouverts aussi aux francophones ayant quitté les bancs d’étudiant depuis plus longtemps et engagés dans une activité professionnelle. C’est notamment le cas du programme de volontariat international de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) ou encore des Masters proposés par l’École supérieure de la Francophonie pour l’Administration et le Management (ISFAM, l’ancien IFAG-Institut de la Francophonie pour l’administration et la gestion) à Sofia (Bucarest).

« Diffusez l’information autour de vous », a exhorté aux présents la responsable du CNF d’Erevan, l’expérience lui ayant démontré que c’est encore le bouche-à-oreille qui fonctionne le mieux en Arménie. Impliquée dans la mise en œuvre du Pacte linguistique signé entre l’OIF et l’Arménie en 2012 après que le pays est devenu membre à part entière de l’Organisation, Mme Ghaltakhtchian estime que les résultats obtenus en matière de participation des Arméniens dans les projets de l’AUF et de l’OIF sont encore loin d’être à la hauteur de leurs efforts déployés en vue de la promotion de la francophonie : « Selon les chiffres communiqués par nos 5 universités membres sur place, à chaque rentrée, elles accueillent au total environ 3 mille étudiants en première année. Sur le fonds de ces 3 mille, je n’ai eu que deux candidatures pour le dernier appel à mobilités de stage professionnel international, et d’autres événements organisés par le CNF, comme par exemple les ateliers et les cycles d’amélioration d’employabilité, ne réunissent à chaque édition qu’une vingtaine de participants au maximum».

Pourquoi les Arméniens louperaient de telles opportunités d’expérience éducative ou professionnelle alors que dans la plupart des cas les offres incluent une couverture totale ou partielle des frais de séjour, y compris les billets d’avion ? En plus des éventuels « troubles de fonctionnement » dans la chaîne de communication, Mme Ghaltakhtchian le problème de manque de motivation suffisante dans les milieux de l’enseignement dans le pays en général et en matière de la francophonie en particulier est un facteur qui conditionne fortement une telle situation. Les causes de cette apparente indifférence, il ne faudrait pas se casser la tête pour les identifier : « Même aux yeux des entreprises françaises installées en Arménie, la maîtrise du français n’est pas un prérequis pour recruter leurs employés, et les jeunes avec un diplôme d’études de français à la main peinent à valoriser leur formation et leur expérience ».

Le gouvernement arménien aurait déposé une demande auprès de l’OIF afin de prolonger de 3 ans l’action du pacte linguistique dont le délai expire justement en 2015. À cette occasion, la représentante de l’AUF en Arménie s’efforce de rester optimiste : « Peut-être que sur une période plus longue, les fruits de nos efforts seront plus palpables ».

N.B. Compte tenu du fait que les sites de l’AUF et de l’OIF sont très opérationnels et faciles à explorer, nous vous invitons à aller vous-mêmes à la rencontre de l’actualité qui vous intéresse parmi les offres de l’AUF et de l’OIF, en passant par les liens respectifs :
https://www.auf.org/bureau/bureau-europe-centrale-et-orientale/
http://jeunesse.francophonie.org/

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