"Fête galante" transposée à Erevan

Permettre aux visiteurs de se plonger un instant dans l'univers des « fêtes galantes » du 18e siècle français : voilà le but recherché par les organisateurs de l'exposition temporaire « Fête galante » à la Galerie nationale d'Arménie, initiative conjointe de la Galerie et du ministère de la Culture qui rend hommage au style rococo français dans le cadre des célébrations de la Francophonie en Arménie.

Par Arouce Khatchatrian

45 pièces exposées - principalement des gravures, mais aussi quelques peintures et objets d'arts décoratifs et appliqués représentant l’époque - qui ne constituent en effet qu'une minuscule partie des fonds de la Galerie où 800 gravures de l'école française attendent encore leur tour pour se présenter au public. Dans la sélection exposée, on trouve des gravures originales faites à partir des tableaux de célèbres artistes de l’époque comme Jean-Antoine Watteau, François Boucher, Jean-Auguste Fragonard, Carles-André van Loo, des reproductions de Jean-Baptiste Greuze, de Jean-Baptiste Chardin et d’autres. Œuvres de graveurs éminents tels que G. Edelinck, P. Drevet, J.-J. Balechou, N. A. Tardieu, B.F. Lépicié, J. F. Le Bas, J. Desmarteau, P. F. Chauffard, elles représentent le plus souvent des scènes pastorales ou d’inspiration mythologique, des portraits, mais aussi des illustrations de livres très prisées par les contemporains. 

« La majeure partie de ces œuvres d’art faisaient partie des collections du musée Russe de Saint-Pétersbourg, de l'Ermitage ou encore du musée Pouchkine, dans les les premières décennies de l'établissement de la Galerie (années 1926, 1930 et 40). D'autres sont venues enrichir les fonds de la Galerie nationale à des époques différentes, grâce à des donations de particuliers ou à nos propres acquisitions », note Irina Bagdamyan, responsable du département d’art étranger à la Galerie et coordinatrice de l’exposition.

Jeux insouciants et flirtes subtiles, conversations fines dans les salons, soirées de concert, de bal et de spectacle : l'époque "galante" était marquée par les plaisirs hédoniques. Dans ce nouveau contexte, l'art abandonne l’exceptionnalité et l’héroïsme, caractères jusque-là à la base de sa définition-même, pour adopter un nouveau principe esthétique, celui de la norme humaine, et se rapprocher ainsi de la vie quotidienne, s’introduire dans l'espace intime de l'homme, en le rendant plus confortable, plus libre et plus familier.

Haendel, Vivaldi, Telemann : le petit concert de l'orchestre de chambre Kem (directeur artistique : Armen Ghukasyan) accompagnant l'inauguration de l'exposition complétait le tableau de l'époque.

La « Fête galante » sera ouverte encore deux mois, jusqu'au 25 mai. D’ailleurs, si vous vous y rendez le dimanche, les sons de la musique classique interprétée toujours par l’ensemble Kem vous salueront comme le jour de l’inauguration...

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