Villes intelligentes: une réalité ?

Le 15 avril, l’ambassade de Suisse et Impuct Hub-Yerevan invitaient à une table ronde sur les villes intelligentes. Invitation qui n’est pas passé inaperçue, comme en témoignait la salle comble. Organisée en coopération avec l’Université américaine d’Arménie (AUA) et l’ambassade de France dans le cadre de la Saison de la Francophonie, l’événement avait pour but de faire connaître l’expérience suisse et française en la matière, en engageant à la fois un dialogue avec les acteurs d’initiatives locales lancées autour du concept des villes intelligentes.

Au programme, quatre interventions d’experts suisses et français, suivis d’échanges avec des acteurs arméniens du domaine, sous la modération d’Alen Amirkhanian (AUA). Si la première partie était consacrée plutôt à des considérations théoriques autour des villes intelligentes - culture de collaboration et innovation -, la seconde partie mettait l’accent sur la présentation de projets concrets réalisés en France et en Suisse - mysmartcity.ch, SNUKR -. Ainsi, l’impact désiré de l’initiative sortait du cadre purement théorique, se voulant une plate-forme favorisant les échanges et l’émergence de nouvelles idées dans un pays qu’Alen Amirkhanian a qualifié d’« endroit idéal pour constater les changements technologiques », avec une capitale « efficace, disposant de ses propres innovations ».

« Une ville intelligente se caractérise par la création de bien-être pour ses citoyens, en minimisant l’usage des ressources grâce à une combinaison intelligente des infrastructures et de l’information » : il s’agit de l’une des définitions de la ville intelligente formulée par le premier intervenant Alexandre Coquoz (Innobridge, directeur associé). Il y distingue également, comme éléments clés constitutifs de la notion, l’engagement politique, la mise en synergie de différents acteurs (secteurs privé, public, associatif), la mise en place de solutions pour et avec les citoyens et l’innovation.

Pour Bertrand Rouzeau (ingénieur retraité, bénévole dans plusieurs associations), « la ville a toujours été intelligente, sans le savoir et le dire, même aux temps des Romains ». N’empêche qu’il reconnaisse l’approche nouvelle apportée par le terme et ses avantages bien connus, sans oublier toutefois de pointer sur les risques qu’elle comporte en matière d’inégalité sociale puisque susceptible de causer « des fractures entre les âges », de contribuer à l’apparition de « quartiers enclavés bien équipés et isolés du reste de la ville » ou à « l’oubli des quartiers déshérités et des bidonvilles », pour n’en citer que quelques uns.

Choisir une ville relativement petite à titre de ville pilote, pour y suivre le développement de projets innovants concrets, un peu comme dans les laboratoires : l’idée à l’origine de la création de mysmartcity.ch, programme phare dans le domaine de la ville intelligente lancé par Creapole SA et la ville suisse de Porrentruy, est simple. C’est Yann Barth (directeur de Creapole) et Chloé Saas (Fondation O2) qui ont présenté l’initiative, ainsi que l’un des projets mis en place à Porrentruy, l’application SNUKR. Celle-ci consiste à valoriser la ville pour la communauté locale comme pour les visiteurs étrangers, à travers des circuits personnalisés, en permettant de s’engager activement dans le processus de création, de l’enrichissement et de l’amélioration des circuits, en y apportant sa propre vision.

Du côté arménien, Sarhat Petrosyan (UrbanLab), Anoush Yedigaryan (COAF Smart Center), Nune Petrosyan (Goris Smart City Project), Arthur Dolmajian (Transport public), Kim Avanesyan (MobiDram) ont présenté leurs solutions innovantes pour l'amélioration de la qualité de vie des citoyens d’Arménie, ainsi qu’adressé leurs questions aux intervenants étrangers, afin d’échanger sur les différentes manières de traiter un même problème. Car en fin de compte, « une ville intelligente, ce n’est pas une ville au summum des technologies mais une ville qui a su comprendre ses besoins et y répondre en utilisant les possibilités offertes par le progrès technologique ». Processus qui n’a pas de fin car sans développement et sans mises à jour permanentes des solutions en fonction des besoins, l’intelligence n’arriverait qu’à boiter.

 *L’événement a eu lieu avec le soutien financier d’ArmSwissBank, partenaire de l’Ambassade suisse pour l’édition 2016 du programme de la Francophonie en Arménie.

 

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