L’Université Nationale d’Architecture et de Construction d’Arménie reçoit son accréditation institutionnelle

Deux mois se sont déjà écoulés depuis la remise du certificat d’accréditation européenne, mais l’Université Nationale d’Architecture et de Construction d’Arménie (UNACA) vit encore avec la même intensité la joie et la fierté qui s’étaient emparées de tous - étudiants, professeurs, corps administratif et même les invités de l’UNACA - le 8 décembre 2015, le jour de cet événement solennel, une première dans l’histoire de l’enseignement supérieur et de la recherche en Arménie.

Une accréditation institutionnelle
Il s’agit d’une accréditation institutionnelle (à ne pas confondre avec l’accréditation de programmes que plusieurs universités arméniennes ont obtenue à des périodes différentes) décernée par deux structures européennes : le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur de France (HCERES) et l’Agence Nationale de l’évaluation de la qualité et de l’accréditation d’Espagne (ANECA). La remise du certificat a eu lieu en présence du ministre arménien de l’Éducation et de la Science Armen Ashotyan, de l’ambassadeur français en Arménie Jean-François Charpentier, du maire d’Erevan et président du Conseil de Tutelle de l’UNACA Taron Margaryan, du président de HCERES, de recteurs et de représentants d’autres universités arméniennes et étrangères.

Cependant, la cérémonie de la remise n’était que le couronnement d’un long processus d’expertise déclenché par la signature, en 2013, à Paris, d’accords de coopération bilatérales  entre l’établissement arménien et les deux agences européennes et jalonné des visites régulières d’experts européens. Des mois durant, ils ont étudié et évalué la qualité du travail de toutes les instances et de tous les composants de la structure de l’UNACA, depuis l’organisation de l’enseignement et la vie estudiantine jusqu’à la gestion de l’université, en passant par la synergie entre ses différents départements et services, le degré de visibilité de son activité, la qualité de la recherche.

Preuve qu’on ne cède pas aux universités européennes
« Le but de l’initiative était de confirmer la correspondance de l’activité de l’UNACA aux critères et aux directives européennes », note Irina Igitkhanyan, responsable du Département des relations internationales. Entreprise assez hardie de la part d’une université arménienne, semble-t-il, pourtant très logique lorsqu’on apprend que 10% de ses étudiants sont d’origine étrangère et que sa liste de partenariats internationaux n’a cessé de s’étoffer mêmes dans les années les plus obscures et froides (au sens littéral) de l’Arménie indépendante, notamment avec les universités françaises. « La coopération étroite de longue date avec les écoles d’architecture de Saint-Etienne, de Lyon et de Clermont-Ferrand a servi de base à l’UNACA pour s’approprier les  particularités du système de l’enseignement européen », avait d’ailleurs rappelé le recteur de l’Université Gagik Galstyan dans son discours du 8 décembre.

« C’est un pas de plus vers la reconnaissance internationale de notre université, la preuve qu’on avance en accord avec le processus de Bologne et qu’on ne cède pas nos partenaires européens », affirme Vardges Yedoyan, vice-recteur chargé des relations internationales. Pour lui, cette réussite dépasse les murs de l’Université d’Architecture et de Construction : « C’est aussi le stéréotype qu’on est un pays fermé qui a été brisé ». D’autant plus qu’au départ, nombreux étaient les sceptiques doutant qu’un établissement arménien soit prêt à répondre aux standards internationaux.

Une participation estudiantine exemplaire même pour les universités européennes
Aux côtés du système d’administration, du niveau et de la qualité des travaux de recherche, des relations internationales hautement appréciés, le rapport qualifiait de « sans précédent » la part des étudiants dans la prise des décisions au sein de l’Université, « exemplaire même pour les universités européennes ». Pour M Yedoyan, c’est justement le cap que l’UNACA s’est fixé : « Nous tendons à un enseignement de plus en plus centré sur l’étudiant. C’est l’étudiant qui doit être le maître à l’université. Le projet d’accréditation aussi leur profitera surtout».

Plus concrètement, bien que l’accréditation n’entraîne pas une reconnaissance automatique des diplômes de l’UNACA sur l’ensemble du territoire européen (ils sont reconnus depuis longtemps en France), « elle facilitera les échanges internationaux auxquels nos étudiants participent », affirme le vice-recteur, en poursuivant : « Ils pourront sans problème partir étudier dans une université étrangère, transférer leur crédit ici et continuer leurs études chez nous ». Pratique qui a déjà son précédent avec l’Université de Lyon mais l’UNACA entend l’étendre désormais à d’autres universités partenaires en Europe et au-delà.

Le début d’une nouvelle responsabilité
Le rapport d’évaluation a permis de jeter sur l’UNACA un regard de l’extérieur, pour mieux voir ses qualités et ses points faibles. Toutefois, ce n’était pas une révélation pour les responsables de l’Université : « Nous n’avons pas eu de mention « excellent » sur deux points, et nous nous y attendions », note à ce sujet Arkadi Barkhudaryan, vice-recteur chargé de l’enseignement (l’un des trois piliers, avec M Yedoyan et le premier vice-recteur Yeghiazar Vardanyan, ayant fortement contribué à la réussite du projet). Il s’agit notamment de l’absence d’un département du contrôle de la qualité et du degré de visibilité de l’Université en matière d’information et de communication qui, selon les recommandations formulées par les experts, nécessite d’être amélioré.

D’ailleurs, les représentants des agences d’accréditation ont pu tout de suite constater des avancées dès leur première visite suivant le rapport : le département du contrôle de la qualité était déjà créé. « Il a la tâche stratégique de changer entièrement les approches et assurer la qualité due dans tous les domaines : enseignement, recherche, administration », explique M Yedoyan et remarque : « L’accréditation est une étape importante, bien sûr, mais pas une fin en soi. C’est le début d’une nouvelle responsabilité. Le travail avec les agences sera continu. Le certificat est délivré pour une durée de 5 ans mais nous accueillerons des experts dans 2 ans et demi aussi. L’UNACA s’est mise une nouvelle barre, plus haute, et on n’a plus le droit de la baisser ».

Cette responsabilité continue, on l’assume à l’UNACA avec joie : « Étudiants, professeurs ou corps administratif, tous se sentent désormais plus motivés. L’accréditation a donné un stimulus très important à tous ceux qui travaillent à l’UNACA car le personnel entier était vraiment impliqué dans le processus, et nous tous en avons partagé le résultat », souligne Irina Igitkhanyan.

NB : Le Courrier d’Erevan reviendra prochainement aux coopérations de l’UNACA nouées à l’international et à l’importance de la francophonie au sein de l’Université.
 
 
 
 
 
 

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